lundi 25 juillet 2011

Cinoche : Chico & Rita

Besame mucho.

En matière de dessin animé, il y a le standard américain, façon Dysney revisitée Pixar. Et le standard nippon, façon manga revisitée Miyasaki.
Entre les deux, les européens tracent leur bonhomme de chemin original, faisant du dessin, du vrai dessin, animé certes mais toujours très proche des albums papier.
Après les graphismes sophistiqués de Renaissance, on a eu droit plus récemment aux aquarelles de l'Illusioniste ou à la ligne claire façon Hergé du Chat du rabbin et demain, Michel Ocelot nous conte ceux de la Nuit après son mémorable Kirikou. Ça foisonne ...
Et voici donc, venu de Catalogne, Chico et Rita, un dessin "très BD" et une musique "très Cuba" !
Que Lorraine nous pardonne cet emprunt à son blog, mais elle a tout à fait raison de relever qu'ici la 3° dimension de la 3D, c'est la musique, délibérément. Un superbe dessin en 2D et une superbe BO en relief.
Il faut un peu de temps pour entrer dans cette histoire d'amour et de musique, un peu de temps pour se laisser bercer par le rythme, pour se laisser porter par cette romance très comédie américaine des sixties, je t'aime moi non plus ou les amours contrariées de Chico au piano et de Rita la belle au micro. De Cuba à New-York, une visite des grands de la musique : Dizzie Gillepsie, Charlie Parker, Chano Pozo, Nat King Cole, ... on croise (et on écoute !) du beau monde.
Si l'on aime, ne serait-ce qu'un tout petit peu, le jazz cubain, c'est un pur régal !
Outre quelques standards, la BO est signée (à plus de 90 ans !) par Bebo Valdès.
Et les dessins, très BD on l'a dit, sont superbes.
Mais MAM a trouvé que cela manquait de sensualité : il est vrai que l'histoire reste très sage, que ce soit côté love story (même si quelques scènes dénudées attirent le gogo) ou que ce soit côté visite guidée du monde jazzy, même si l'on relève ça ou là quelques petites piques qui fustigent le côté raciste des américains amateurs de jazz qui voulaient bien des noirs sur scène mais pas dans les chambres d'hôtel. Sur les deux volets, le scénario parait effectivement un peu trop sage et l'ancrage socio-historique aurait gagné à être plus marqué, plus incisif.

Pour celles et ceux qui aiment la musique latino.

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