mardi 20 septembre 2016

Cinoche : Frantz


À l'amitié franco-allemande !

Mais comment diantre peut-on faire encore aujourd'hui des films aussi académiques, pesants et ennuyeux ?
Quel dommage de gâcher ainsi une bonne histoire et une belle idée de départ (au lendemain de la guerre de 1918, un soldat français vient en Allemagne se recueillir sur la tombe d'un soldat allemand qui fut son ami et fait ainsi la rencontre de la fiancée et ...).
Tout cela (même les trop belles images léchées, tantôt en noir et blanc, tantôt légèrement colorées) tout cela est irrémédiablement gâché par une narration lourdement appuyée, des symboles lourdement assénés, une musique lourdement larmoyante, ...
François Ozon aurait-il poussé le sens du détail de la reconstitution historique au point même de filmer comme au début du siècle dernier ?
Aucune subtilité.
Un film sur le mensonge ? Le curé sera là pour vous l'expliquer en long en large et en travers et vous donner l'absolution.
Un film sur le difficile retour à la vie après les horreurs de la guerre ? Le vent printanier soufflera plusieurs fois dans les arbres pour bien vous faire ressentir cette émotion.
Un film sur l'aveuglement patriotique qui aura conduit les enfants des deux camps à une boucherie qui recommencera bientôt ? Les hymnes des deux camps vous seront chantés dans les auberges pour bien vous établir l'équilibre des deux côtés du Rhin.
Un film sur le deuil ? Les tourments larmoyants des différents personnages (la fiancée, les parents allemands, ...) seront répétés à l'envi pour vous éviter de vous égarer en chemin.
Ozon ose tout cela avec une sensiblerie mélodramatique qui le conduit à expliquer et répéter son propos avec lourdeur et ostentation comme si le spectateur était un demeuré en train de lire son smartphone (bon d'accord, d'habitude y'en a toujours un ou deux dans la salle, mais jamais pour un film d'Ozon !).
La première partie (allemande) jusqu'à ce que le terrrrible secret du soldat éclate, reste encore visible (et permet de découvrir Paula Beer ). Le reste est tout simplement de trop.
Et cerise indigeste sur ce lourd gâteau à la double-crème : l'inéluctable et enfiévré Pierre Niney.
Reste une étoile filante qui traverse ce film : l'actrice allemande Paula Beer et son délicieux accent quand elle parle français sont la réincarnation de Romy Schneider et l'on attend désormais avec impatience un film où elle pourra jouer de son charmant sourire.

Pour celles et ceux qui aiment qu'on leur explique bien plusieurs fois les mêmes choses.
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