mercredi 1 janvier 2014

Best-of 2013


Excellente année 2014 !

Allez, c'est parti pour le traditionnel exercice du best-of annuel qui est surtout là pour nous rappeler quelques bons souvenirs et l'occasion pour les retardataires de peut-être rattraper l'année qui a filé trop vite.
Voici les coups de cœur parmi les coups de cœur de 2013.
Rien que du très très bon donc !

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Du côté des romans, il nous faut récompenser cette année Julie Otsuka pour l’ensemble de son œuvre comme on dit et plus particulièrement pour son roman lu en cette année 2013 : Certaines n’avaient jamais vu la mer.
L'histoire d'un bateau de jeunes femmes venues du pays du soleil levant, pour les US : mariages arrangés, photos arrangées des futurs maris au courrier postal, rêve occidental pour échapper aux rizières, ...
Évidemment la déception sera grande ...
Julie Otsuka poursuit son travail de mémoire au rythme (trop lent à notre goût) d'un excellent bouquin tous les dix ans.

Une autre récompense s’impose pour la fougue du roman de Tom McNab et la course folle de Flanagan à travers les États-Unis des années 30. Un livre qui fait partie de ces bouquins magiques qui vous emportent au loin, à une autre époque, dans un autre milieu, vers une autre culture. Ailleurs.
Et même si l’on est ni sportif ni accro au jogging, avec La grande course de Flanagan et Tom McNab, c’est pire qu’un polar, on ne lâche plus le bouquin et on lit, on lit, matin, midi, soir, comme les coureurs, de défi en défi, on veut savoir, on court avec eux, qui va y arriver, qui va craquer, qui va tenir, quand vont cesser les souffrances, allez, allez, tiens bon ! Nom d’un chien quelle histoire !


Après les coureurs de Flanagan, ce sont cette fois les pêcheurs du Danemark qui nous emmènent ailleurs …
À la Noël 1902, un bateau fait naufrage. Il ne survivra qu’un seul rescapé, échoué sur la plage : Le marin américain.
Il passera la nuit au village, aimablement soigné, hébergé et réconforté par une femme de pêcheur, Ane, dont le mari, Jens Peter, est parti en campagne.
Neuf mois après le passage du marin américain, Ane accouche d’un beau garçon aux yeux et cheveux noirs (pas courant là-haut évidemment).
Karsten Lund sait écrire et tout cela est tout passionnant : on suit avec intérêt la famille Christensen au fil des années, une véritable aventure, une saga, celle d’une famille, d’un village et de toute une région. Avec la découverte de ce monde de pêcheurs du début du siècle.
Mais le secret qui nous est dévoilé au tout début en cache peut-être un autre …


Du côté des polars, il faut saluer cette année trois excellentes découvertes.

Et tout d’abord, celle de Ramón Díaz Eterovic  : un auteur de polars à ranger définitivement aux côtés des meilleurs : Indridason, Nesbo, Mankell, ...
Avec en prime, ce petit côté chilien qui nous éloigne agréablement des rivages nordiques devenus par nous, trop fréquentés.
Avec ce charme inégalé des bonnes séries : on connait bien désormais le détective Heredia, un privé vieillissant aux finances erratiques, son chat Simenon, un bavard impénitent aux aphorismes philosophiques, et leur ami Anselmo, un vendeur de journaux bienveillant aux fructueux paris hippiques, ...
Comme tout bon auteur de polars un peu désabusé, Ramòn Dìaz Eterovic a entrepris d'explorer les zones d'ombre de la société contemporaine : après le racisme chilien qui servait de décor à La couleur de la peau, la double enquête du Deuxième vœu nous mène sur les traces de ceux qui exploitent la misère du troisième âge, allant jusqu'à rançonner les petits vieux pour faire main basse sur leurs pensions.
Comme d'habitude, les enquêtes policières ne sont ici qu'un prétexte à peine nécessaire : prétexte à côtoyer pendant quelques pages Heredia et ses amis, à découvrir quelque face cachée de notre société, à parcourir les rues de Santiago. En somme, un prétexte pour passer un agréable et intelligent moment.

Autre découverte, française cette fois et c’est plutôt rare dans ces colonnes, celle de Pierre Lemaître, qui n’a rien à envier à, disons par exemple Fred Vargas.
L’écriture de Pierre Lemaitre est du même niveau que celle de la dame. Travail soigné, c’est le titre de cet épisode mais aussi notre conclusion : travail soigné.
Il ne faut que quelques lignes à cet auteur pour brosser un portrait bien typé de ses personnages, quelques coups de pinceau et voilà, on se fait une idée bien précise de tel ou tel.
Quant au héros-flic, le commandant Camille Verhoeven, voilà un flic pas banal ! Le bonhomme, le petit bonhomme, ne mesure que un mètre quarante-cinq ! De quoi fournir quelques pages amusantes, cocasses, curieuses, ou … dérangeantes.
Mais c’est la construction même des bouquins de Lemaître qui mérite la lecture : retournement de perspective, bouquin dans le bouquin, et j’en passe ! Un maître es littérature !
On a lu également le second épisode de la trilogie : Alex, tout aussi bon et travail aussi soigné.

On finira ce podium tout en douceur subtile avec l’espagnol (de Galice) Domingo Villar et sa Plage des noyés.
L'inspecteur Caldas mène son enquête au ralenti tout en essayant de faire parler les marins du coin. Il aurait presque des allures d'Adamsberg même si le ton est moins à la rigolade que chez Vargas (dès les premières pages il est d'ailleurs rendu hommage à la dame).
L'adjoint de Caldas, c'est Estevez, un gars qui n'est pas du coin et ne croit ni au retour des fantômes ni à la vertu de la patience : il vient d'Arragon, bref c'est une sorte d'alien en Galice.
On se laisse donc balader lentement dans les ports de Galice accrochés aux basques de ce tandem mal assorti. Et les dialogues laborieux avec les taiseux du coin sont autant de tranches de gâteau à déguster lentement.

Il nous manque un peu de place sur le podium pour citer l’italien Maurizio de Giovanni avec sa série napolitaine au temps de Mussolini et son commissaire Ricciardi aux yeux verts … alors on va le garder sans doute pour l’année prochaine !

Enfin, on ajoutera cette année une mention spéciale pour ce qui semble bien être la dernière enquête d’Erlendur (le policier islandais d’Arnaldur Indridason) : ces Étranges Rivages viennent couronner une mémorable série déjà saluée plusieurs fois ici.


L’année cinoche 2013 fut bien inégale avec quelques sincères déceptions (le woody allen, frances ha, le dernier asghar farhadi, robin wright et naomi watts, …) mais aussi quelques pépites, fort heureusement.

 
Et à tout seigneur, tout honneur, c’est Quentin Tarentino qui ouvrit le bal 2013 en janvier et en fanfare avec son Django.
Indiscutablement, la réussite du film vient des deux personnages clés : le Dr Schulz (impayable Christoph Waltz), un allemand devenu chasseur de primes qui s'associe avec Django l'esclave noir rebelle (Jamie Foxx).
Les dialogues sont comme toujours avec QT, taillés au cordeau, un régal pour l'esprit, aussi soignés que les images (un régal pour les yeux) et que la musique (un régal pour les oreilles). Et quand les mots ne suffisent plus, ce sont les balles qui fusent : car sous des dialogues policés et mondains, couve une tension d'une violence incroyable.

Quelques semaines après, ce fut l’excellente surprise (et le succès inattendu) de Wadja, la petite fille avec laquelle la réalisatrice Haifaa-al-Mansour nous a tous emmenés an Arabie Saoudite.
Une belle romance où la réalisatrice évite soigneusement deux écueils : pas d'enfance larmoyante et pas de procès à charge trop facile, même si l'étouffement organisé des filles et des femmes du royaume de Riyad y est minutieusement décrit.
Mais, l'air de rien, Haifaa al-Mansour a l'intelligence de nous montrer tout cela au quotidien, sans polémique ni caricature. Et c'est diaboliquement efficace !
Un film plein d’espoir, auquel on aimerait bien croire un peu … et qu’on prolonge un peu avec ce petit film coup de cœur sur le podium d’arrivée.
Il n’était d’ailleurs pas prévu d’être rattrapé par l’actualité de cette fin d’année !

Aïe, aïe, aïe … jusque là tout allait bien, mais on n’est rendu qu’en février 2013 et comment faire pour la troisième place sur le podium ? Ça se bouscule à l’arrivée.
Le jury a eu bien du mal à départager le peloton :
- l’étonnant polar
Goodbye Morocco de Nadir Moknèche avec l’admirable Lubna Azabal ?
- la belle histoire dans le bayou de Jeff Nichols avec le beau
Mud ?
- la
Vie simple à Hong Kong de Ann Hui ?
- la superbe rencontre de Benicio del Toro et Mathieu Amalric dans
Jimmy P. de Desplechin ?
- et encore on n’a même pas évoqué les secousses de
Hijacking ou Metro Manila
Aïe, aïe, aïe … quel débat comme c’est souvent le cas pour la dernière marche du podium cinoche.

Bon allez fin du suspense, MAM et BMR se sont finalement entendus pour attribuer la troisième palme 2013 au passionnant No ! du chilien Pablo Larrain avec Gael García Bernal , pour son originalité.
Chili, 1988. Sous la pression internationale, Pinochet  tente de se refaire une virginité et une légitimité en organisant un semblant de processus démocratique après quinze ans de dictature. Ce sera un réferendum (plebiscito) ... qui finira à la De Gaulle : un jeune publiciste talentueux  prend en charge le clip de la campagne du No!
Entre la tension constante et les images très typées, ce film nous avait laissé une très forte impression, durable.
Un film très original dans sa forme et passionnant sur le fond.


Après un long silence, les BD sont de nouveau à l'affiche en 2013 et avec quelques albums originaux qui nous changent des habituelles images colorées et glacées.

Et côté BD, pas de débat pour la palme qui revient à Étienne Davodeau avec Les ignorants.
Comme d'habitude la magie Davodeau opère : qu'on soit fan ou ignorant de BD, qu'on soit amateur ou néophyte en œnologie, tout le monde tombe sous le charme extraordinaire de cette histoire ordinaire.

 

 



Sur le podium, il nous faut également citer Herr Haarmann, connu dans les années vingt comme le Boucher de Hanovre, dont les desseins étaient encore plus sombres que les dessins de Isabel Kreitz et les dialogues de Peer Meter qui sont tous deux aux commandes de cette remarquable BD.
Les dessins justement sont admirables et rendent particulièrement bien l'ambiance glauque des petites rues de Hanovre. Histoire, ambiance, suspense, tueur en série, ... tout est au rendez-vous pour un bon moment de lecture.


Mais faute d’assiduité au rayon BD, nous n’avons malheureusement personne pour la troisième place. Il va falloir se reprendre !


Coté miousik, l’année fut propice en petites découvertes agréables, de ci de là, et même plutôt variées. Mais rien de transcendant reconnaissons-le.

Citons quand même la frenchy girl Chloé Swann qui ressort aisément de la cuvée 2013.
Certains comparent la demoiselle à Lou Doillon (et y’a des rapprochements moins flatteurs !).
Et c’est vrai qu’on tient là encore un tout petit minois de parisienne fluette d’où sort, on ne sait trop comment,  une voix grave et profonde.




Saluons ensuite The be good Tanyas et l’une d’entre elles plus particulièrement : Frazey Ford.
Du folk qui balance, la joie aigrelette du banjo, et une ambiance bluesy.
Vraiment very good, les Tanyas !  

 



Difficile de distinguer un candidat pour la troisième place du podium Miousik. On l’a dit, pas mal de découvertes de ci de là mais rien d’extraordinaire.
Alors ce sera peut-être Passenger et Mike Rosenberg.
C’est moins larmoyant que Asaf Davidan et moins variété que James Blunt.
Bref, c’est très bien avec même un petit parfum nostalgique à la Cat Stevens.




Allez, le ban est fermé pour 2013 : vive 2014 !
BMR & MAM vous souhaitent à toutes et à tous une excellente nouvelle année, pleine de bons films, de belles musiques et de bons bouquins. Bref, tout plein de coups de cœur et tout plein d’autres bonnes choses aussi !

1 commentaire:

cathe a dit…

Alors je note les polars que je n'ai pas lus et le McNab ! Merci pour la piqûre de rappel et très bonne année 2014 :-)