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mercredi 24 février 2021

L'empire du vent (Stanley Stewart)

[...] Une rivière si jeune qu'elle n'avait pas encore de rives.

L'irlandais Stanley Stewart est un écrivain voyageur.
À la fin des années 90 il entreprend au départ d'Istanbul un long périple à la découverte des nomades et cavaliers Mongols.
Un voyage dans le temps également puisqu'il suit la trace d'un prédécesseur de Marco Polo, le moine Guillaume de Rubrouk et qu'il prend à rebours la piste des hordes d'or de Gengis Khan.
Le franciscain Guillaume fut mandaté par Saint Louis vers 1250 pour rencontrer les mongols et tenter une alliance contre les infidèles musulmans. Sa mission sera un demi-échec et son récit de voyage aura malheureusement moins de succès que celui de Marco Polo !
C'était l'époque où Gengis Khan et ses fils cavalaient à l'assaut de l'occident jusqu'aux portes de Vienne et de Venise.
Stanley Stewart nous régale de sa prose soignée et enjouée, toute d'ironie incisive et d'humanité bienveillante, il nous fait partager les dizaines de portraits plus pittoresques les uns que les autres rencontrés tout au long des trajets en bateau, en train, en auto et pour finir à cheval pour 1.600 kilomètres en selle !
[...] Une atmosphère de bon voisinage à l'ancienne s'est diffusée dans tout le wagon et les gens se sont mis à passer d'un compartiment à l'autre afin de partager des histoires et des saucisses.
Sans être didactique ni pédant, le récit est celui d'un érudit et il faut s'aider de quelques cartes google et quelques repères wiki pour situer ces contrées qui nous sont méconnues et ces temps qui nous sont lointains : c'est là une agréable leçon d'histoire-géo.
[...] La majeure partie de la population refusait de se laisser convaincre par l'idée des immeubles et continuait de vivre dans des faubourgs de plus en plus étendus, peuplés des yourtes en feutre rondes.
[...] Un vaste univers médiéval de nomades, sommeillant au cœur du continent, traversé par les vents, les nuages et les caravanes de chameaux, sans jamais avoir été dérangé, semble-t-il, depuis l'an 1200.
[...] Nous avons franchi une rivière si jeune qu'elle n'avait pas encore de rives.
[...] Journée empreinte de la même monotonie qu'un voyage en mer.
Stanley Stewart est également fasciné par le nomadisme de ces peuples en totale opposition à nos cultures de bâtisseurs et d'accumulateurs : la Mongolie lui apparait comme un dernier refuge, préservé depuis des siècles dans un surprenant immobilisme nomade.
[...] Il est difficile de ne pas admirer l'indifférence insouciante d'un peuple qui n'éprouve pas le besoin de marquer son territoire, ni son passage.
Las, au fil des pages on se demande où tout cela nous mène. On se croirait bientôt à l'une de ces interminables séances diapos qui hantaient notre enfance : quelques images sont vraiment superbes, d'autres points de vue vraiment très instructifs, mais à quoi bon ? Quel est le propos ? Où est le sens ?
Ravi pour lui que l'irlandais ait passé de superbes vacances et réalisé un aussi beau voyage, le lecteur gavé de ragoût de mouton et de fromage de brebis reste un peu seul sur sa faim.

Pour celles et ceux qui aiment les voyages.
D’autres avis sur Babelio.

mercredi 29 janvier 2014

Yeruldelgger (Ian Manook)


Les Experts à Oulan-Bator

Merci Père Noël (ou plus exactement merci Mère Noël Véro) de nous avoir apporté cette année dans ta hotte, tenez-vous bien, un polar mongol !
Yes ! Faites vos valises, on est partis !
Yeruldelgger de Ian Manook.
Dès la couverture ça sent déjà bon les steppes orientales.
Yeruldelgger Kahltar Guichyguinnken est le nom de notre nouveau héros. Et ça veut dire en VO : Cadeau d’abondance de la famille de la chienne au visage sale.
Un nom récupéré depuis peu …
[…] Trois générations avaient vécu sans nom de famille. Le régime d’avant les avait abolis pour casser l’organisation clanique de la société. Avant le “régime d’avant”, les familles tenaient leur nom du clan auquel elles appartenaient dans chaque province. […] Tout cela, le régime d’avant l’avait interdit au même titre que l’alphabet mongol ou le chamanisme.
Ian Manook, c’est un peu moins mongol et beaucoup plus prosaïque, doit-on dévoiler le mystère ? le pseudo astucieux de Patrick Manoukian, un journaliste bien de chez nous mais très globe-trotter et qui est donc allé trotter pour nous jusqu’en Mongolie.
Et ça commence très très fort, on ne résiste pas au plaisir de vous livrer les premières pages (qu’on pourrait intituler la parabole du flic, si je peux me permettre de souligner cet excellent jeu de mots), lorsque Yeruldelgger est appelé au fin fond de la steppe, sur une scène de crime où l’on a découvert un vélo enterré :
[…] - Et c’est pour ça que tu m’as fait venir ?
- Oui, commissaire …
- Tu m’as fait faire trois heures de piste depuis Oulan-Bator pour une pédale qui sort de terre ?
- Non, commissaire, c’est pour la main !
- La main ? Quelle main ?
- La main sous la pédale, commissaire.
- Quoi ? Il y a une main sous la pédale ?
- Oui, commissaire, là, sous la pédale, il y a une main !
Sans se relever, Yeruldelgger se tordit le cou pour regarder par en-dessous le visage du policier du district. Est-ce que ce type se foutait de lui ?
Mais le visage du policier ne reflétait aucune émotion. Aucun signe d’humour. Aucune trace d’intelligence. Rien qu’un visage respectueux de la hiérarchie et satisfait de sa propre incompétence. […]
- Et comment tu sais qu’il y a une main là-dessous ?
- Parce que les nomades l’ont déterrée, commissaire, répondit le policier.
- Déterrée ! ? Comment ça, ils l’ont déterrée ? s’emporta sourdement Yeruldelgger.
- Ils l’ont déterrée, commissaire. Ils ont creusé autour et ils ont enlevé la terre. Quand les enfants ont aperçu la pédale qui sortait de terre en jouant, ils ont creusé pour la dégager, et en creusant ils ont découvert la main.
- Une main ? Ils sont sûrs ? Une vraie main ?
- Une main d’enfant, oui, commissaire. […]
- Et elle est où cette main d’enfant maintenant ?
- En dessous, commissaire. […]
- Tu veux dire qu’ils l’on réenterrée ? Ils ont réenterrée la main ?
- Oui, commissaire. Et la pédale aussi, commissaire …
Yeruldelgger leva les yeux vers la famille de nomades aux deels bariolés toujours assis en ribambelle contre le bleu saturé du ciel. Ils le regardaient en hochant tous la tête avec de grands sourires pour confirmer le rapport du policier du district.
- Ils ont tout réenterré ! J’espère que tu leur as demandé pourquoi !
- Bien sûr, commissaire : pour ne pas polluer la scène de crime …
Yeruldelgger se figea dans son mouvement pour s’assurer qu’il avait bien entendu ce qu’il venait d’entendre.
- Pour quoi ! ?
- Pour ne pas polluer la scène de crime, répéta le policier du district, une pointe de  fierté dans la voix.
- Pour ne pas polluer la scène de crime !!! Mais où sont-ils allés chercher un truc comme ça ?
- Dans Les Experts Miami. Ils m’ont dit qu’ils regardaient toujours Les Experts Miami et que Horacio, le chef des Experts Miami, recommande toujours de ne pas polluer la scène de crime.
- Les Experts Miami ! s’exclama Yeruldelgger.
Il se releva lentement, dans un mouvement chargé de fatigue et de découragement. […]
Polar oblige, c’est vraiment pas joli sous le vélo et la suite sera évidemment beaucoup moins drôle, nous voici partis pour Oulan-Bator et les steppes mongoles derrière le commissaire Yeruldelgger.
Et, pour notre plus grand plaisir, Ian Manook qui sait ce que voyager veut dire, ne lésine pas sur le folklore local et la tradition nomade :
[…] Elle tenait à hauteur des yeux une petite coupelle qu'il savait rempli de lait de la dernière traite et, d'un geste croyant et respectueux, du bout des doigts, elle en aspergeait les quatre points cardinaux.
[…] Yeruldelgger ressentit une sorte de bonheur à appartenir à ce pays où on bénissait les voyageurs aux quatre vents et où on nommait les cercueils du même mot que les berceaux.
[…] On n’entre pas dans une yourte qui n’est pas la sienne. On se tient à quelques pas de la porte et on appelle. La tradition veut qu’on fasse allusion aux chiens. One ne dit pas : “Holà ?” parce que ceux de la yourte savent depuis longtemps déjà que quelqu’un vient. On ne dit pas non plus : “Il y a quelqu’un ?” parce que celui qui vient sait déjà, à mille détails, qu’il y a quelqu’un dans la yourte. On dit souvent : “Tiens tes chiens !” ou :  “Tes chiens sont bien nourris ?”, par un réflexe de prudence millénaire.
[…] Il aimait faire plaisir aux vieux. C’est ce qu’on leur devait pour ce qu’ils avaient souffert et vécu et qui nous attendait tous encore.
Yeruldelgger est un excellent enquêteur mais aussi un sacré personnage. Un flic coincé entre les séquelles de l’occupation soviétique et la corruption venue avec les nouveaux envahisseurs de Chine ou de Corée. Un homme brisé aussi, qui a perdu femme et enfant il y a quelques années dans des conditions un peu troubles.
[…] - Tu ne peux plus continuer ainsi, Yeruldelgger. Tu es en train de tout perdre. Tu es devenu un flic acariâtre et violent. Tu cognes des témoins, tu frappes ta propre fille, tu tires sur tes indics, tu ne respectes aucune hiérarchie, tu n’enquêtes que pour toi sans rendre compte à personne …
Un flic tourmenté et un peu braque, un flic comme on les aime quoi !
[…] - On ne fume pas dans une yourte ! se contenta-t-il de répondre.
- Ah oui, j’oubliais, c’est pas tradition !
- Non, c’est pas tradition.
- Et ficher le bordel partout où tu passes, c’est tradition ?
- Ça semble l’être devenu ces derniers temps, je l’avoue, concéda-t-il en souriant.
Au fil de la chevauchée dans les steppes mongoles, les différentes intrigues vont s’entremêler : le cadavre de la petite fille enterrée avec son vélo, le trouble passé du commissaire, les magouilles et la corruption qui poussent comme du chiendent dans le sillage des quads coréens et des 4x4 chinois. Il sera même question de “terres rares”(1): après les oligarques russes, voici les conglomérats chinois et coréens. Triste Mongolie.
Côté polar tout irait donc pour le mieux dans les plus beaux paysages du monde et on a cru pendant plusieurs chapitres au véritable coup de cœur ...
Las, Patrick Manoukian veut trop bien faire et accumule les maladresses (avis unanime et partagé de BMR & MAM).
Pour faire moderne (?) ou pour nous convaincre que les nomades sont branchés, l’auteur nous inonde d’iphone, ipad et autres igoogooleries. Ben voyons.
Et puis non content d’en faire des kilos au rayon folklore local (au point de convoquer les moines de Shaolin !), il en fait des tonnes au rayon polar. Plus américain tu meurs. À tel point que certains chapitres hyper-violents sont bien trop complaisants envers les sévices infligés aux corps des jeunes femmes : on retrouve là des relents nauséabonds de Millenium.  On n’aime pas du tout, du tout, cette tendance douteuse et dangereuse qui demande à être parfaitement maîtrisée, ce qui est loin d’être le cas chez Stieg Larsson comme chez Ian Manook.
Manoukian s’applique d’ailleurs soigneusement à imiter un peu tout le monde : commissaire à la Nesbo, fantômes à la Indridason, nazillons à la Mankell, légiste à la Patricia Cornwell, far-east à la Craig Johnson et j’en passe(2). Cette accumulation facile, commerciale et maladroite de clichés (et de violences gratuites) finira donc par nous gâcher le plaisir du voyage.
La fin de l’enquête nous laisserait bien entrevoir une suite mais Ian Manook semble avoir déjà voulu dans cette première livraison, nous fourguer tout, absolument tout son savoir-faire du polar ethnique.
Affolé par les grands espaces des steppes ou les perspectives du succès, Patrick Manoukian aura voulu courir trop de lièvres à la fois et s'est perdu en route.
Il reste que malgré ses descriptions terrifiantes d’Oulan-Bator, Manoukian le voyageur nous livre quelques belles pages et sait nous donner une envie irrésistible d’aller chercher des os de dinosaures dans les Flammings Cliffs ou d’aller chevaucher dans le Parc du Kenthii. 
Finalement, on aura préféré le petit polar moins ambitieux de Sarah Dars qui, malgré son titre à la con (Des myrtilles dans la yourte franchement !), nous avait déjà donné une plus belle occasion de rêver sur les traces de Gengis Khan dans les steppes mongoles.
(1) - à lire : un dossier des Échos [à ne pas manquer] sur les terres rares et la spéculation minière qui les accompagne - on y parle bien sûr de la Mongolie
(2) - et d’ailleurs la 4° de couv’ surfe allègrement sur cette mode commerciale de façon un peu trop facile et m’as-tu-vu, que la honte soit sur Albin Michel habituellement mieux avisé

Pour celle est ceux qui aiment les steppes.
D’autres avis sur Babelio.

dimanche 14 février 2010

Des myrtilles dans la yourte (Sarah Dars)

Quand souffle le vent des steppes.

Voilà de quoi planter un petit cœur dans un endroit pas banal de notre carte du monde des polars: en plein centre des steppes de l'Asie centrale, en Mongolie.
Après avoir traversé ce pays à bord du Transmongolien il y a deux ans, d'Irkoutsk à Pékin, fascinés par les cercles blancs des yourtes sur le vert de la steppe ou par le désert de Gobi qui filait entre les rails, on ne pouvait évidemment pas laisser passer ce polar : Des myrtilles dans la yourte.
Un bouquin d'une française voyageuse, Sarah Dars, qui a écrit également d'autres histoires policières sur l'Inde qu'elle connaît aussi très bien.
Il ne fallait pas s'arrêter au mauvais jeu de mots du titre qui cache en réalité un livre fort intéressant.
Sarah Dars connait bien la Mongolie, elle aime ses habitants, elle admire ses paysages et elle s'entend à nous faire partager son approche de leur culture.
Pour voyager en classe polar, comme on aime ici à le dire, ce bouquin est tout simplement idéal, presqu'un guide de voyage.
Sans naïveté inutile, sans langue de bois, Sarah Dars réussit à éviter les clichés convenus et nous fait découvrir la Mongolie d'aujourd'hui, écartelée entre tradition nomade et modernité sédentaire, entre pratiques chamaniques et bouddhisme rituel, entre colons russes et envahisseurs chinois (et vice versa).
Un pays qui essaye également de s'ouvrir au tourisme occidental.

[...] Certes les Mongols présents n'étaient plus ces bons sauvages ou ces terrifiants barbares - au cours des siècles les opinions avaient souvent fluctué, beaucoup divergé -, c'étaient des gens bien dans leur peau, fiers de leur modernité et de leur capacité à négocier avec les uns et les autres sur un pied d'égalité, tout en recevant avec urbanité des touristes ravis. Oublié le temps où, pris en tenailles entre ces excellents joueurs d'échecs russes et ces éminents joueurs de go chinois, les Mongols, eux-mêmes admirables joueurs d'osselets, redoutables archers et impeccables cavaliers, ne connaissaient jamais le répit.

Le prétexte au voyage est une petite intrigue policière : deux américains sont venus chasser les antilopes des steppes.
Accompagnés de leurs guide, interprète et chauffeur mongols, ils s'éloignent dans la steppe, progressant de campement de yourtes en campement de yourtes.
Mais bien entendu, les éléments sont contraires, les américains se montrent arrogants et irrespectueux(1), le gibier se fait rare, l'ambiance du petit groupe se dégrade et l'équipée tourne mal : l'un des deux américains disparaît ...
Vengeance irritée de l'un des guides ? Embrouille ratée avec un trust pharmaceutique russe ? Trafic manqué avec une compagnie minière chinoise ?

[...] - Je crois que j'aimerais encore mieux avoir à dénombrer les grains de sable du désert de Gobi que devoir démêler les fils de cette histoire ...

Yesügei, le flic mongol amateur d'alcools et de femmes, menacé de retraite anticipée pour insubordination, commence son enquête, progressant de campement de yourtes en campement de yourtes sur sa moto Guzzi(2), essayant de soutirer habilement quelque information à ces rudes hommes des steppes que sont ses compatriotes.

[...] Yesügei aimait les paysages de sa terre natale, autant, plus même, que les femmes. À vrai dire, les uns lui évoquaient les autres et vice-versa et son goût pour les deux s'en trouvait renforcé. Les femmes aux reliefs proéminents lui rappelaient les sommets de l'Altaï; les plus vallonnées, le Khangaï; les fausses plates, la steppe; les profondes, le Gobi; les brillantes, le ciel; les ondoyantes, une rivière.

On retrouve chez Sarah Dars une ambiance étonnamment proche des polars navajos du regretté Tony Hillerman(3): certes Oulan-Bator et Gallup sont presque aux antipodes mais ce sont deux régions rudes et sauvages qui ont façonné de semblable façon les hommes qui les habitent, des taiseux, que seuls les flics du cru savent apprivoiser.
Pour ne prendre qu'un exemple, on se rappelle peut-être que les navajos ne prononcent pas le nom des morts pour laisser leur âme en paix : ici, certains mongols préfèrent taire leur propre nom et s'affubler d'un sobriquet pour se protéger des mauvais génies !
Rendons grâce à Sarah Dars d'arriver à faire paraître son lecteur plus intelligent, le temps de ces quelques pages, mais sans prise de tête ni prétention : l'intrigue policière est mince et ne sert que de prétexte à un agréable voyage habilement parsemé d'illustrations de la culture mongole.
L'écriture est précise et l'apparente facilité de lecture masque un vocabulaire étonnamment riche (du mongol et du français), c'est un régal.
En attendant, on l'espère, une prochaine enquête de Yesügei, le voyage en Inde en compagnie de cette auteure (4) nous tente bien ... on en reparlera !

Quelques tranches de vie de ce peuple de cavaliers et de chasseurs :

  • à propos de la graisse de chameau dans le thé : la poussière, on l'essuie, la graisse, on la lèche.
  • à propos d'un bavard qui exagère : il ajoute volontiers des crinières par devant et des queues par derrière.
  • à propos de quand les poules auront des dents : oui, c'est ça, quand la queue du chameau touchera terre !
  • à propos d'une amusante légende : à l'origine, la tête des chameaux était pourvue d'andouillers. Ces imprudents les prêtèrent à des cerfs qui ne les leur ont jamais rendus.
  • à propos de quelqu'un de collant : il vous suit comme la rate adhère à la panse, comme le taon d'été s'attache à la croupe du cheval.
  • à propos du premier gobelet d'eau de vie que l'on jette en l'air : c'est la part du soleil.
  • à propos des fameuses myrtilles : on les appelle les baies-nuages à cause de leur couleur de ciel d'orage.
  • à propos des mystérieux dons des chamanes : il est des yeux qui voient, d'autres pas.
  • et ma préférée, à propos d'un enfant adopté : il n'est pas né tout nu mais est arrivé tout vêtu.

(1) : je cite (page 56) : a-t-on idée de porter son vêtement sur l'épaule ? de montrer du doigt ? de postillonner sans s'excuser ? de prendre ou donner de la main gauche ? d'exposer ses semelles ? de fouler le seuil d'une yourte au lieu de l'enjamber ? de boire sans penser à en offrir ?
(2) : une moto rachetée jadis à un hippie impécunieux !
(3) : il y a quand même des références moins flatteuses !
(4) : plusieurs enquêtes du brahmane Doc sont parues chez Picquier poche


Pour celles et ceux qui aiment les cavaliers, indiens ou mongols.
Philippe Picquier édite en poche ces 254 pages qui datent de 2009.
Dédale en parle tout comme Hannibal ou Zaelle.