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lundi 14 avril 2025

Les papillons ne meurent pas de vieillesse (Bézian, Matz)


[...] Le chasseur de papillons qui n'existent pas.

Fable écolo sur fond de surexploitation de la forêt amazonienne : les très belles planches de l'album nous emmènent à la chasse aux papillons.

❤️❤️❤️🤍🤍

Les auteurs, l'album (88 pages, avril 2025) :

Matz est un auteur que l'on connaît bien et que l'on apprécie beaucoup (la série Le tueur, c'est lui), mais on ne le connaissait pas collectionneur de papillons !
Entre deux polars, il s'est autorisé une petite parenthèse écolo avec Frédéric Bézian pour nous emmener à la chasse aux papillons en Amazonie : Les papillons ne meurent pas de vieillesse.
Matz s'est même permis un petit clin d’œil à ses fans puisqu'il a baptisé son papillon impossible le Parides Ascanius Nolentus (son nom de ville est Alexis Nolent) !
Au fil de leur courte existence de quelques jours "les papillons, fragiles et vulnérables, ne meurent pas de vieillesse, mais de mort violente".

♥ On aime beaucoup :

 Voilà bien une sympathique fable écolo sur fond de surexploitation de la forêt amazonienne : un roman d'aventures, un thriller politique qui met en scène les enjeux complexes de la région.
  Le dessin de Frédéric Bézian est une réussite avec un beau dégradé de gris que viennent illuminer de temps à autre seulement les parures colorées des papillons : un pari audacieux mais vraiment gagné. Le gris pointillé évoque les gravures scientifiques d'antan.
Pour profiter des changements de rythme qu'autorise la BD (F. Bézian aime à dire qu'il ne fait pas du cinéma sur papier), l'album est émaillé de planches d'entomologie 'vintage' et même de quelques beaux haïkus comme celui-ci du poète japonais Arakida Mortake : 
[...] Tombé de la branche 
Une fleur y est retournée :
C'était un papillon.
 L'album semble appeler une suite, d'autant qu'une douce complicité va se nouer entre la jeune Géraldine et le brésilien Candido ... ! On attend déjà avec impatience !

Le contexte :

La réapparition d'espèces disparues de papillons n'est pas de la science-fiction. Il y a bien sûr quelques "lâchers" volontaires pour réintroduire certains insectes mais les entomologistes découvrent également des "résurrections" tout à fait naturelles comme par exemple celle de la Nonagrie soulignée dans nos marais atlantiques. Cela vient compenser un petit peu les trop nombreuses extinctions.

Les personnages :

Camille est un expert entomologiste et grand collectionneur de papillons.
Il emploie au Brésil un chasseur local, Candido.
Chez lui en France, il héberge sa jeune cousine, Géraldine qui l'aide à trier ses bestioles.
Camille et Géraldine vont rejoindre Candido en Amazonie.

Le canevas :

Cette histoire aurait pu s'intituler l'histoire du "chasseur de papillons qui n'existent pas" ... puisque l'intrigue se noue en Amazonie lorsque l'on capture par hasard un papillon censé avoir disparu depuis de nombreuses années. 
[...] - Quel est le problème ?
- Le problème c'est que ce papillon est un Parides Ascanius Nolentus.
Le problème c'est qu'il vivait dans les marais de Rio de Janeiro ... !
... et si je dis "vivait", c'est qu'il a disparu depuis des années ... !
Regarde Candido, mon chasseur, travaille dans l'état du Roraima, au nord du Brésil, à des centaines, voire des milliers de kilomètres de Rio de Janeiro !
Tu comprends le problème, maintenant ?
Un doux rêveur (Camille) et sa jeune cousine (Géraldine) vont accompagner le chasseur de papillons (Candido) au cœur de la forêt vierge pour confirmer la découverte énigmatique. 
Jusque là tout va bien pour cette petite équipe qui joue les Tintin en Amazonie, mais on se doute qu'avec Matz au scénario, la balade des gentils écolos ne sera pas de tout repos. 
Ainsi Camille rédige un article pour le National Geographic et appelle à sanctuariser le secteur pour le protéger de la déforestation : évidemment les sociétés multinationales ne voient pas d'un très bon œil les projecteurs de l'écologie soudainement braqués sur une région où ils prospéraient jusqu'ici à l'abri des regards et nos héros devront également faire face à l'hostilité des paysans locaux qui exploitent ces terres pour l'orpaillage et le pâturage. 

La curiosité du jour :

Au détour d'une belle planche d'entomologiste (page 25), l'album nous apprendra que le mot papillon vient du grec psukhê ψυχή qui signifie souffle, le souffle de la vie qui caresse ce qu'il touche et par extension âme puisque celle-ci s'envole dans notre dernier soupir. 

Pour celles et ceux qui aiment chercher les petites bêtes.
D’autres avis sur la BDthèque et Babelio.
Livre lu grâce aux éditions Casterman (SP).
Ma chronique dans les revues ActuaLitté et Benzine.
Une interview des deux auteurs.

jeudi 20 juillet 2023

Le serpent et le coyote (Matz, Xavier)


[...] Dans la vie, il y a ceux qui ont un fusil et ceux qui creusent.

    Les auteurs, l'album (142 pages, 2023) :

Philippe Xavier est un dessinateur formé sur le continent américain à la publicité et au graphisme.
Matz (Alexis Nolent) est un scénariste que l'on connait bien : c'est celui de la série Le Tueur, dont on retrouve ici quelques caractéristiques (monologues en voix off, ...) et de quelques autres albums remarquables, souvent des coups de cœur.
Tous deux sont régulièrement aux commandes d'une série d'albums : Tango, dont on reparlera certainement.
Voici donc Le serpent et le coyote, tout un programme !

    On aime beaucoup :

❤️ Les BD "à texte" de Matz qui sait jouer les "écrivains" et qui s'y entend pour nous faire partager la route d'un coyote solitaire comme on les aime : on ne se lasse pas de ces monologues ou de ces dialogues, de ce ton sec et nerveux qui claque et qui est celui des meilleurs romans noirs US.
❤️ Les cadrages "home cinema" de Xavier et la mise en couleurs soignée : les paysages US de l'Arizona ou du Colorado y sont fort bien exploités et les effets de zoom dynamisent les images tout comme l'histoire.
Même si, je cite : [le moment est mal venu pour faire le malin avec des références cinématographiques à la con].

    Le contexte :

Les auteurs se sont emparés d'un thème cher au polar noir : le programme US de protection des témoins, le WITSEC (le Witness Security Program) qui offre, aux frais de l'État, une seconde vie aux truands qui acceptent de témoigner contre de pires truands. Un dispositif qui a connu des débuts difficiles quand il a été mis en place à la fin des années 60 mais qui a permis quelques victoires contre le crime organisé : c'est tout cela qui est évoqué dans cet album.

    La BD :

Dans son camping-car, "Joe" (c'est son nom aujourd'hui, comme celui de tous les témoins protégés du Witsec), parcourt le désert US entre Arizona et Utah. Il aura bientôt la compagnie d'un coyote à qui il peut raconter sa vie mouvementée.
[...] - J'ai l'impression qu'on est un peu pareils, tous les deux ... T'as plus de famille et plus d'amis, on dirait, non ?
- Wiif
- Tout seuls dans le vaste monde ... Mais tu sais, je me dis que parfois c'est pas plus mal ...
Je suppose que c'est comme ça qu'il faut voir les choses, quand on n'a pas trop le choix. Qu'est ce qu'en te dis, Crash ?
- Wouif Wiff
- Ouais, nous sommes d'accord. Un homme doit faire ce qu'il doit faire avec ce qu'il a. Ça doit marcher pareil pour les clébards.
[...] - Et puis je suis content d'avoir quelqu'un à qui parler, même si c'est un clébard. Les clébards, ça sait écouter. Les chats, ça se fout pas mal de nos problèmes d'humains de merde.
Sur les traces de "Joe", on trouve bien sûr ses anciens amis qui ne lui veulent pas que du bien mais aussi les marshalls qui veulent le rappeler à la barre des témoins d'un nouveau procès ...
Tous comprendront un peu tard qu'il faut se méfier du serpent qui semble dormir caché dans le sable du désert.

Pour celles et ceux qui aiment les mauvais garçons repentis.
D’autres avis sur Babelio.

vendredi 30 avril 2021

BD : Balles perdues


[...] Tu es très jolie, tu parles trop, c'est tout.

On avait découvert le trio aux commandes de cet album avec une autre BD (excellente, elle aussi) : c'était Corps et âme en 2016.
En 2015, l'album Balles perdues était le premier de leur collaboration et l'on y retrouve donc Walter Hill, le producteur et réalisateur US, le scénariste Matz (aka Alexis Nolent) celui de la série fleuve Le tueur et Jef (aka Jean-François Martinez) aux pinceaux.
Les dessins de Jef sont superbes, de véritables aquarelles.
L'histoire de Walter Hill est digne d'un bon vieux film de gangsters, on ne s'attendait pas à autre chose et l'adaptation BD de Matz fait mouche.
Bref, le trio marquait déjà quelques très bons points avant de récidiver avec Corps et âme l'année suivante.
Pour citer une petite interview de Walter Hill à la fin de l'album, voici : de l'argent, des flingues, des femmes, des flics et des corrompus. Un tueur de sang-froid lancé sur les traces d'un amour perdu.

Pour celles et ceux qui aiment les gangsters au grand cœur.
D’autres avis sur Sens Critique.

samedi 18 juin 2016

BD : Corps et âme


[...] Cacher une balle sous mon talon ...

Walter Hill ? Que vient faire le producteur et réalisateur US dans cette BD française ?
Pour ceux qui, comme nous, ne savaient pas, la collaboration entre Walter Hill et le scénariste Matz ne date pas d'aujourd'hui : Du plomb dans la tête au cinéma,  Balles perdues en BD.
Matz (aka Alexis Nolent) c'est le scénariste de la série fleuve Le tueur (déjà un de nos coups de cœur).
Et pour compléter le trio, ce sera Jef (aka Jean-François Martinez) le dessinateur de Balles perdues et de la série 9/11.
Une fine équipe aux commandes de cette BD (un seul volume one-shot, ouf !) : Corps et Âme.
Et donc encore une histoire de tueur :
[...] C'est ça c'est mon boulot. Assassiner des gens, les dessouder, les refroidir, les buter ou quelle que soit la manière dont voulez le dire ...
[...] Et je sais qu'à un moment ou un autre, il faut payer l'addition. Je l'ai toujours su.
[...] Cacher une balle sous mon talon ... c'est un vieux truc ... mais je le fais toujours, ça peut servir ...
Mais une histoire de tueur pas comme les autres (ni l'histoire, ni surtout le tueur) car Franck, le tueur, le mauvais garçon, va se transformer sous nos yeux et c'est rien de le dire ... donc on n'en dit pas beaucoup plus mais vous devinez peut-être déjà ce qui va lui arriver.
Le dessin de Jef est nerveux mais pas trop, les ambiances sont sombres mais pas trop : les planches sont superbes et certaines très sexy. Le texte est au rendez-vous (on connait Matz), le scénario qui combine plusieurs vengeances est riche, sans faille et particulièrement bien monté (la patte ciné de W. Hill peut-être ? qui prévoit d'adapter cela au grand écran l'an prochain) et tout cela donne un très bel objet.
Un scénario à la précision chirurgicale et des planches au dessin esthétique (ah, ah).
Un bel album très réussi, qui tombe vraiment à pic au moment où les obscurantismes de tous bords s'acharnent à réglementer les genres et les transgenres. À faire connaître d'urgence !
Si certaines planches n'étaient pas si sexy, cette BD aurait pu être au programme scolaire !
Images : [1] [2]

Pour celles et ceux qui aiment les Bd de genres.
D’autres avis sur Babelio.

mercredi 9 janvier 2008

BD : Le tueur

Une profession réhabilitée.

Il y a un an déjà, on avait cru la série terminée avec le 5ème album de Luc Jacamon aux dessins et Matz au scénario : Le tueur.
La série nous avait beaucoup plu et avait même eu droit à une place sur le podium du best of 2006.
Aimable surprise que ce nouvel album : Modus vivendi, où Le Tueur reprend du service après une longue absence ...
... pendant que Le Tueur se la coulait douce sur son île des Caraïbes avec femme et enfant, jusqu'à ce que des narcos viennent le narguer.
[...] La vérité c'est que quatre ans sans rien faire, c'est bien, mais ça finit par être long. Faut croire que j'étais un peu jeune, finalement, pour la préretraite.
Bien sûr ce 6ème épisode a un petit goût de réchauffé, mais les accros de la série replongeront avec délices aux côtés de ce méticuleux professionnel.
On apprécie toujours cette BD au graphisme original, moderne et nerveux mais où les textes à eux seuls valent le détour (l'utilisation de la «voix off» permet en effet une plus grande liberté d'écriture que les bulles de dialogue classiques).

Pour celles et ceux qui aiment les gentils bandits. 
D'autres avis sur Amazon.