[...] Les ténèbres ont gagné pas mal de terrain.
Avec Everglades, Ellory dresse un véritable réquisitoire contre la peine capitale et signe, une fois de plus, une histoire qui va hanter longtemps ses lecteurs.
❤️❤️❤️🤍🤍L'auteur, le livre (456 pages, avril 2025, 2024 en VO) :
On ne présente plus Roger Jon Ellory, l'écrivain britannique (né en 1965) qui, comme nul autre, possède le don de nous transporter au cœur des États-Unis.Le canevas :
Un an plus tard donc, en 1977, le shérif adjoint Nelson Garett est gravement blessé lors d'une fusillade.
Après l'opération vient la rééducation dans les bras d'une jolie kiné : Hannah.
Mais Nelson boite irrémédiablement et ne peut retrouver son poste de shérif.
Frank Montgomery, le père de sa kiné, travaille à la prison d'état de Southern State et lui propose un poste de gardien dans ce pénitencier fédéral où sont enfermés les pires voyous et meurtriers du comté.
[...] – C'est pas le genre de boulot qu’on quitte à 17 heures.
– Ce qui veut dire ?
– Je le vois bien avec mon père et avec Ray. C’est pas un boulot facile, Garrett. On est face à des brutes. C’est ça à longueur de journée et ça finit par déteindre sur tout.[...] La violence était dans leur sang. Indiscutablement. Si la violence ne suffisait pas à régler un problème, c’était qu’on n’y avait pas assez recouru.
[...] Il avait contribué, par obéissance à la loi, à l’exécution d’un homme qu’il ne connaissait pas et qui ne lui avait rien fait. Il avait satisfait aux obligations et aux exigences du système judiciaire. Il avait accompli le devoir et la tâche qui incombaient à son poste. Mais, cela mis à part, il avait sanglé un homme qu’il avait ensuite regardé mourir d’une manière vraiment brutale , et il savait qu’il ne pourrait jamais oublier ce qu’il avait vu.
♥ On aime :
[...] Tu fais pas un mauvais métier, Garrett. Tu fais un métier nécessaire, tu dois essayer de ne pas oublier ça.➔ Comme à son habitude, Ellory nous laisse tout notre temps pour nous familiariser avec le décor, la situation et les personnages. Bientôt le lecteur fera partie, lui aussi, de la famille Montgomery.
[...] Tu essaies de rester sain et humain alors que tu baignes dans l’insanité et l’inhumanité. Ces types représentent une infime minorité. Dans leur majorité, les gens sont bons, gentils, honnêtes.
[...] C’est sûr que c’est le genre de boulot où on va à reculons. On y va par sens du devoir, de… quoi ? de la responsabilité ? par confiance dans la loi ? parce qu’on a foi dans le système judiciaire et qu’on croit qu’on peut faire une différence ?
Et sans surprise il va retrouver les thèmes chers à cet auteur : ici-bas les hommes portent un lourd fardeau, parents toxiques, culpabilité, enfance difficile, ... et cela dans un monde étouffant fait de violence où ténue sera la la frontière entre le bien et le mal, la frontière entre certaines lois et une certaine idée de la justice (rappelez-vous, c'était le titre de son dernier roman La frontière).
Comme toujours, seules quelques figures féminines lumineuses tenteront d'éclairer ces ténèbres.
Pour celles et ceux qui aiment les prisons.
D’autres avis sur Bibliosurf et Babelio.
Livre lu grâce à NetGalley et aux éditions Sonatine (SP).
Ma chronique dans la revue ActuaLitté.


Voilà dix ans que l'on découvrait
Non, il prend tout son temps pour installer décors et personnages car c'est un habile faiseur d'histoires, de petites histoires dans la grande histoire de son roman et même dans la Grande Histoire du Monde.





On dirait le Sud …
V pour vendetta.
Le souffle des marais de Georgie.