samedi 3 septembre 2016

Bouquin : La rose de fer


[...] Le passé n’est pas enterré.

Encore une belle occasion de voyager, cette fois jusqu'en Australie avec La rose de fer de Peter Temple.
Un polar ou un roman noir qui nous emmène du côté de Melbourne : mais le décor down under n'est pas vraiment dépaysant (hormis le fameux footy) et l'histoire s'avère finalement très 'américaine', tout comme le style de cet auteur ... né en Afrique du Sud.
Le personnage principal, Mac Faraday, battait tranquillement le fer jusqu'à ce qu'il découvre Ned, son meilleur ami et voisin, pendu dans sa grange. Pour notre forgeron, il ne peut s'agir d'un suicide et nous voici à enquêter sur le passé d'un étrange manoir, Kinross Hall, un pensionnat où des jeunes filles auraient été maltraitées ...
[...] C’est quoi, Kinross Hall ?
– Un foyer d’accueil pour jeunes filles, un centre de détention, Dieu seul sait quel nom on attribue aujourd’hui à ces institutions.
[...] Ç’aurait pu être un hôtel de campagne onéreux, mais l’ensemble avait ce caractère commun à tous les lieux de résidence forcée : silence, odeur de désinfectant, apparence très ordonnée de chaque chose, impression de soudaine froideur dans l’air.
[...] Les tribunaux nous envoient toutes sortes de jeunes filles : des riches, des pauvres, certaines que nous pouvons aider, d’autres non. Toutes ont une chose en commun. Personne ne veut d’elles, à moins que ce ne soit pour les pires raisons.
Qu'avait donc découvert Ned le pendu ? Qui voulait le faire taire à jamais ?
[...] Une jeune fille nue, à la nuque brisée, jetée dans un puits de mine, peu après 1984. Une jeune fille nue, battue, sur le bord d’une route déserte en octobre 1985. Ned avait travaillé à Kinross Hall en novembre 1985. Et n’y avait plus jamais remis les pieds. Jusqu’à quelques jours avant d’être assassiné.
Mais il n'y pas que Kinross Hall à être hanté par des fantômes, Mac Faraday a lui aussi un lourd passé : c'est un ancien agent fédéral qui a quitté les stups avec pertes et fracas.
[...] Est-ce que j’appartenais vraiment au passé ? Qu’avait dit Berglin ? Le passé n’est pas enterré.
Et comme l'Australie est un petit pays (bon d'accord : un grand pays, mais quand même très peu habité) les deux histoires pourraient bien finir par s'entremêler ...
Peter Temple possède l'art et la manière de raconter une histoire et même plusieurs, de camper de solides et nombreux personnages, d'enrichir son roman de détails et d'anecdotes, ... peut-être au risque de perdre un lecteur éventuellement peu concentré.
C'est là un de ses premiers romans, récemment traduit en français, après le succès des suivants.
Et l'on assiste là sans doute à la naissance de ce que seront les thèmes de prédilection de l'auteur : le souvenir d'un père regretté, l'absence d'une épouse, la difficulté de comprendre ou retenir les jeunes, la corruption d'une ville gangrenée, l'impunité des riches et des puissants, ...
Et il nous donne une vision très américaine de l'Australie.
[...] Avez-vous remarqué que les gens malfaisants sont mus par une sorte de force ? Une sorte d’indépendance qui confère un grand pouvoir à ceux qui la possèdent. C’est une forme de sérénité, une absence de doute, une indifférence à l’égard du monde. Ça attire les autres. Le vide moral aspire les gens.


Pour celles et ceux qui aiment les australiens.
Bientôt d’autres avis sur Babelio et sur Bibliosurf.

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