Les voix comme les voies du bouddha sont impénétrables.
John Burdett fait partie de nos auteurs préférés avec ses polars thaïlandais qui mettent en miroir la rigidité du rationalisme occidental et la profondeur de la sagesse asiatique.
Incompréhension et humour assurés : plaisir garanti ! Et accessoirement, remue-neurones tout aussi garanti.Nous revoici donc à Bangkok aux côtés de l’inspecteur Sonchaï toujours en quête du nirvana sur la voie de son karma.
Il est toujours secondé par son katoey préféré : même les sexes ne sont pas les mêmes de ce côté-là de la planète(1), c’est dire si le lecteur occidental obtus et borné (le farang) que nous sommes est profondément désorienté. C’est d’ailleurs ce qui lui plait et le pousse à lire un nouveau roman de J. Burdett.
On retrouve bien sûr le chef de la police, le redoutable Vikorn, qui désormais se prend carrément pour le parrain de la pègre(2), et qui revoit en boucle le DVD (piraté bien sûr) du film de Coppola.
Pour faire plus vrai que le film, voici donc Sonchaï promu consigliere et chargé d’aller voir du côté du Tibet comment optimiser la filière d’approvisionnement des trafics
Voilà qui n’est pas fait pour améliorer le karma du pauvre Sonchaï.
[…] Cloué sur place, je suis stupéfait de ce qui est arrivé au type qui me regarde dans le miroir, celui-là même qui, de temps en temps au cours de sa vie, a paru vraiment près d’atteindre le plein éveil spirituel promis par le Bouddha.Tout semblait donc réuni à nouveau pour que la magie de Burdett et de Bangkok opère à nouveau.
Sauf que non.
[…] Des routards farangs cheminaient pesamment sous leurs énormes sacs à dos pleins de vêtements de rechange pour six mois et de produits pharmaceutiques pour un an.Pour une fois, la sauce salée-sucrée n’a pas pris et l’on a connu Burdett bien meilleur cuisinier.
Le plat est un peu fade, malgré un retournement de situation spectaculaire aux trois-quarts du bouquin : je ne pense pas qu’il nous ait été donné à lire une mort aussi originale (si on peut dire) ! Mais cela ne suffit pas, hélas.
Cet épisode aurait-t-il été un peu bâclé ou bien serait-ce (plus inquiétant !) notre propre karma qui prend une tangente trop matérialiste ?
À vous de juger !
Et si par un malheureux et funeste hasard vous n’aviez pas encore entrepris d’améliorer votre sombre et misérable karma par la saine lecture des œuvres complètes de John Burdett, précipitez-vous sans tarder sur les opus précédents, il est peut-être encore temps avant votre prochaine réincarnation en rat de bibliothèque !
(1) - une face méconnue de notre planète où l’on dit que le bouddhisme répertorie non pas deux, mais quatre sexes différents !
(2) - on est en orient et le lecteur occidental obtus et borné apprend au fil des bouquins de Burdett que seul le bouddhisme autorise ce genre de paradoxes
Pour celles et ceux qui aiment l’enseignement du bouddha.
Un article très intéressant de Libé sur John Burdett où l'on apprend tout plein de choses sur cet auteur pas trop classique.
Un article de Courrier International sur les katoeys.



Alors le nature-writing ? Ben non pas vraiment : certes on fait un peu de ski ou de moto-neige sur les lacs gelés, on sort du sauna tout nu dans la neige, mais Aurora c'est quand même une (petite) ville pas très loin des grandes. On ne ressent pas vraiment le souffle glacé des grandes plaines.


Le scénario que l'on doit à un couple belge (
Une histoire sympatoche et franchouillarde à la Gavalda, sans prise de tête où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, même les vieux, même les jeunes et même les jeunes avec les vieux.
Pour celles et ceux qui aiment les vieux et les jeunes et les petites histoires sympas.

On avait connu
On peut d’ailleurs tout à fait reprendre une citation du précédent bouquin :
[…] Il était nouveau en ville et hollandais - un mélange potentiellement fatal. Des décennies de guerre pour contrôler les diamants et la terre avaient entretenu la méfiance entre les deux communautés blanches. Les Afrikaners croyaient être la tribu blanche d’Afrique, née, nourrie et élevée sur le veldt. Pour eux, les Britanniques étaient des intrus récemment arrivés, intéressés avant tout par le profit et le pouvoir. Et les Britanniques étaient convaincus que les Boers n’avaient ni l’intelligence ni le dynamisme nécessaires pour diriger l’Afrique du Sud.




[…] Ce sont les miaulements de Simenon qui m’ont réveillé. Allongé sur mon oreiller, tout près de ma tête, le chat attendait que mon corps fatigué par une nuit blanche revienne à la vie par ses propres moyens. Il a gentiment passé sa patte sur mes cheveux. Le soleil maussade de l’après-midi entrait par la fenêtre et j’ai senti dans mon estomac un furieux besoin de café et de tartines. 
Un soi-disant polar dans le milieu branché (pardon : hype) des soirées parisiennes.
Fastoche, il drague la fille du suspect dans les soirées (hype, vous vous rappelez hein ?).
[…] Les videurs ici semblaient sortis d’une publicité Benetton : un asiatique, un black, un blanc, un beur.
Dans l’épisode suivant (Nord, donc), le sombre héros Jack, le flic qui ne retrouve pas les enfants disparus, était tombé très très bas.
Il s’agit tout simplement d’une descente aux enfers (enfin on est déjà tout en bas : Jack est déjà bien descendu) et F. Busch essaie de nous faire partager une souffrance.
Nuages sombres sur la nation arc-en-ciel.
Les deux compères mènent la belle vie, avec même quelque magot planqué dans les îles, et tout irait pour le mieux sous le ciel de la nouvelle nation arc-en-ciel.
deux nuits blanches, et même à MAM de louper sa station de métro (ou presque : heureusement au fil des âges, les parisien(ne)s ont développé quelques réflexes cérébrospinaux).
[...] Akhtar n’avait probablement jamais tabassé personne de sa vie. Tout dans ses mouvements transpirait la peur : il cognait n’importe comment, sans viser, impatient d’en finir au plus vite. Stijn lui avait dit qu’il ne fallait pas de sang. Pourtant, il s’était emparé de ce pied de chaise et, avec un haut-le-cœur, avait frappé à la tête. 



Chic. Voilà un nouvel auteur espagnol
Et les dialogues laborieux avec les taiseux du coin sont autant de tranches de gâteau à déguster lentement :