dimanche 7 mars 2021

Bouquin : San Perdido

[...] L'histoire a tout de la légende caribéenne.

Le français David Zukerman nous emmène au Panamá au tout début des années 50, un pays qui pour être officiellement indépendant, s'est vendu aux américains.
Nous voici dans un coin moins sympa que ne le laisse supposer la couverture puisque l'histoire démarre dans la décharge d'un bidonville de San Perdido.
Plus tard nous aurons accès aux hauts et beaux quartiers de la ville.
Mais entre les murs des riches maisons, pas sûr que ce soit beaucoup plus propre qu'en bas.
Le bouquin est une sorte de conte social, une fable teintée d'un peu de la magie des Cimarróns, une histoire étrange avec comme personnage central, un jeune garçon, surnommé La Langosta à cause de ses mains, véritables battoirs à la puissance terrifiante.
Rares sont ceux qui connaissent le vrai nom, Yerbo Kwinton, de ce jeune homme inquiétant qui sait écouter les battements de cœur [clic].
[...] Yerbo pouvait reconnaître le battement interne si particulier d'un être humain et l'utiliser comme un radar.
Le roman est assez déroutant et nous promène d'un personnage à un autre puis un autre encore sans que l'on comprenne vraiment lequel va devenir une des clés de l'intrigue.
[...] Elle ne comprend rien à l'histoire hétéroclite de ces personnages nouveaux qui ne cessent d'apparaître au fil des chapitres, dessinant un monde puissant, mais effrayant.
En dépit de la rudesse de la vie à San Perdido, le roman est baigné d'une très chaude sensualité toute caribéenne mais qui pourra peut-être ne pas plaire à de trop chastes lecteurs ou lectrices.
[...] Malgré l'excellente humidification des tissus de la jeune fille, la chair frottée par les vigoureux allers-retours du priapique homme d'Etat se ressent de ces longues nuits. L'enthousiasme avec lequel elle a répondu aux étreintes puissantes l'a laissée fourbue.
Après la découverte initiale de la prose et du pays, tout cela finit tout de même par sembler un peu convenu. David Zukerman nous conte une belle histoire (et c'est plutôt un bon conteur) en dosant soigneusement tous les ingrédients de sa recette tirée d'un guide touristique : décor exotique avec le soleil brûlant et la pluie chaude des caraïbes, érotisme généreux de jeunes métisses aux courbes sensuelles, drame social avec des blancs et des noirs, des bons et des méchants, des odeurs mêlées de parfums, d'alcools, de sueur et de port, une pincée de magie noire, ...
Une profusion de clichés où l'on pourra tout de même pêcher quelques perles :
[...] Que l'on soit en amont ou en aval de la rue, un cliquetis continu résonne jusqu'à la mer. Celui des rideaux de perles qui pendent devant chaque porte. Ceux des bordels ne cessent jamais de bruire. Là est la véritable pulsation de San Perdido.

Pour celles et ceux qui aiment les caraïbes.
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