vendredi 30 novembre 2007

Bouquin : L'âme du chasseur

Après Mandela.

Après Les soldats de l'aube, lu il y a quelques années (c'était avant l'éclosion de la blogoboule), voici L'âme du chasseur du même auteur sud-africain : Deon Meyer.
C'est écrit à l'américaine, vite fait bien fait, comme un scénario pour Hollywood.
On est donc bien loin des polars littéraires comme ceux que nous avons pu découvrir avec Mankell, Connelly, Indridason et d'autres, et le style relève plutôt du roman de plage ou de TGV.
Mais tout l'intérêt de ce bouquin (et il est d'un grand intérêt) vient du contexte dans lequel se déroule l'intrigue : l'Afrique du Sud d'après Mandela, l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, celle d'après le 11 septembre 2001.
Les services de renseignement du nouveau régime (un nouveau régime qui peine encore à se mettre en place) livrent bataille alors que les plaies de la guerre civile sont encore bien loin d'être refermées.

[...] Miriam dévisagea Janina d'un air glacial, ses yeux, sa bouche, ses mains. 
- Je ne vous crois pas. 
Janina soupira. 
- Parce que je suis blanche ? 
- Oui. Parce que vous êtes blanche.

Et l'on devine derrière tout ça que d'autres (CIA, extrémistes islamistes, ...) éprouvent un malin plaisir à souffler sur les braises.
L'intrigue de base est plutôt simple (pour Hollywood sans doute !) : pour aider un ancien ami, un grand black, ancien militant (doux euphémisme) désormais rangé, se trouve embringué dans le convoyage de renseignements explosifs. Il se retrouve vite pourchassé par divers rapaces et enfourche une BMW GS avant de traverser tout le pays et le roman raconte cette course-poursuite à moto (l'auteur n'a peut-être pas une âme de chasseur mais assurément une âme de motard).
Mais P'tit (c'est l'ancien nom de guerre du héros) n'aime pas qu'on le chatouille quand il veut rendre service et il va vite retrouver ses anciens réflexes (c'était un ancien tueur à la solde du KGB).
Même si c'est plutôt bien ficelé, il n'y a pas là de quoi se triturer les méninges.
Du moins de ce côté.
Car ce n'est pas tout et au fil des pages et des flash-backs on découvre tout un monde : celui d'une Afrique du Sud plutôt méconnue, les accointances entre les services secrets d'ici ou d'ailleurs, les luttes raciales d'hier (Boers, Anglais et Xhosas) auxquelles répondent les intrigues intestines d'aujourd'hui.
Et ça, c'est passionnant.

Pour celles et ceux qui aiment la moto, les voyages et l'Histoire. 
Bleu et noir et l'Actu du Noir en parlent.

Bouquin : L'âme du chasseur

Après Mandela.

Après Les soldats de l'aube, lu il y a quelques années (c'était avant l'éclosion de la blogoboule), voici L'âme du chasseur du même auteur sud-africain : Deon Meyer.
C'est écrit à l'américaine, vite fait bien fait, comme un scénario pour Hollywood.
On est donc bien loin des polars littéraires comme ceux que nous avons pu découvrir avec Mankell, Connelly, Indridason et d'autres, et le style relève plutôt du roman de plage ou de TGV.
Mais tout l'intérêt de ce bouquin (et il est d'un grand intérêt) vient du contexte dans lequel se déroule l'intrigue : l'Afrique du Sud d'après Mandela, l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, celle d'après le 11 septembre 2001.
Les services de renseignement du nouveau régime (un nouveau régime qui peine encore à se mettre en place) livrent bataille alors que les plaies de la guerre civile sont encore bien loin d'être refermées.

[...] Miriam dévisagea Janina d'un air glacial, ses yeux, sa bouche, ses mains. 
- Je ne vous crois pas. 
Janina soupira. 
- Parce que je suis blanche ? 
- Oui. Parce que vous êtes blanche.

Et l'on devine derrière tout ça que d'autres (CIA, extrémistes islamistes, ...) éprouvent un malin plaisir à souffler sur les braises.
L'intrigue de base est plutôt simple (pour Hollywood sans doute !) : pour aider un ancien ami, un grand black, ancien militant (doux euphémisme) désormais rangé, se trouve embringué dans le convoyage de renseignements explosifs. Il se retrouve vite pourchassé par divers rapaces et enfourche une BMW GS avant de traverser tout le pays et le roman raconte cette course-poursuite à moto (l'auteur n'a peut-être pas une âme de chasseur mais assurément une âme de motard).
Mais P'tit (c'est l'ancien nom de guerre du héros) n'aime pas qu'on le chatouille quand il veut rendre service et il va vite retrouver ses anciens réflexes (c'était un ancien tueur à la solde du KGB).
Même si c'est plutôt bien ficelé, il n'y a pas là de quoi se triturer les méninges.
Du moins de ce côté.
Car ce n'est pas tout et au fil des pages et des flash-backs on découvre tout un monde : celui d'une Afrique du Sud plutôt méconnue, les accointances entre les services secrets d'ici ou d'ailleurs, les luttes raciales d'hier (Boers, Anglais et Xhosas) auxquelles répondent les intrigues intestines d'aujourd'hui.
Et ça, c'est passionnant.

Pour celles et ceux qui aiment la moto, les voyages et l'Histoire. 
Bleu et noir et l'Actu du Noir en parlent.

jeudi 29 novembre 2007

Bouquin : Nuit sur la ville

Un privé à Tokyo.

Tous les ingrédients du polar américain sont là : le privé à moitié looser dans son bureau miteux, le flic vindicatif qui lui cherche des poux, les gros durs de la mafia qui forcément lui en veulent aussi, la belle héritière qui lui court après, le magnat richissime qui se cache derrière tout ça, les bagnoles et l'intrigue alambiquée qui mêle famille, business et élections municipales, ... tout y est !

[...] Je garai ma Blue Bird en marche arrière - un vrai miracle que cette voiture roule encore - , contournai l'immeuble de deux étages aux murs couverts de crépi et entrai par devant. Je sortis mon courrier de la boîte aux lettres à la serrure cassée et montai l'escalier menant à mon bureau, au premier étage au fond d'un couloir où le soleil ne pénétrait jamais.
À un détail près.
Un tout petit détail.
Le privé ne s'appelle pas Philip Marlowe mais Sawazaki de l'agence Watanabe et il n'enquête pas à Los Angeles mais à Tôkyô.
Car ce n'est donc pas du Raymond Chandler mais du Hara Ryô.
Bref, c'est un polar japonais où l'auteur s'amuse avec tous les clichés et les standards du roman noir. On est donc en terrain connu, balisé.
Et puis tout d'un coup, plouf, nous voici perdus parce que les personnages ont une réaction à peine compréhensible à nos yeux d'occidentaux. Et ça repart. Pour mieux s'étonner un peu plus loin de nouveau.
On ne sait trop sur quel pied danser et l'auteur semble s'amuser avec nous comme il s'amuse des codes de la littérature policière.
À vrai dire, le jeu est peut-être plutôt conçu pour des lecteurs nippons moins familiers des standards du genre, car il faut bien avouer que, une fois passé l'effet de surprise, on s'y est un peu ennuyé et on a eu du mal à se laisser emporter par l'intrigue tarabiscotée dans laquelle s'est laissé prendre le privé Sawazaki.
C'est tout de même l'occasion de découvrir les coulisses du pouvoir dans la métropole de Tokyo.
Une curiosité pour les accros du polar ou du Japon ou des deux.

Pour celles et ceux qui aiment les détectives du roman noir à l'américaine.

Bouquin : Nuit sur la ville

Un privé à Tokyo.

Tous les ingrédients du polar américain sont là : le privé à moitié looser dans son bureau miteux, le flic vindicatif qui lui cherche des poux, les gros durs de la mafia qui forcément lui en veulent aussi, la belle héritière qui lui court après, le magnat richissime qui se cache derrière tout ça, les bagnoles et l'intrigue alambiquée qui mêle famille, business et élections municipales, ... tout y est !

[...] Je garai ma Blue Bird en marche arrière - un vrai miracle que cette voiture roule encore - , contournai l'immeuble de deux étages aux murs couverts de crépi et entrai par devant. Je sortis mon courrier de la boîte aux lettres à la serrure cassée et montai l'escalier menant à mon bureau, au premier étage au fond d'un couloir où le soleil ne pénétrait jamais.
À un détail près.
Un tout petit détail.
Le privé ne s'appelle pas Philip Marlowe mais Sawazaki de l'agence Watanabe et il n'enquête pas à Los Angeles mais à Tôkyô.
Car ce n'est donc pas du Raymond Chandler mais du Hara Ryô.
Bref, c'est un polar japonais où l'auteur s'amuse avec tous les clichés et les standards du roman noir. On est donc en terrain connu, balisé.
Et puis tout d'un coup, plouf, nous voici perdus parce que les personnages ont une réaction à peine compréhensible à nos yeux d'occidentaux. Et ça repart. Pour mieux s'étonner un peu plus loin de nouveau.
On ne sait trop sur quel pied danser et l'auteur semble s'amuser avec nous comme il s'amuse des codes de la littérature policière.
À vrai dire, le jeu est peut-être plutôt conçu pour des lecteurs nippons moins familiers des standards du genre, car il faut bien avouer que, une fois passé l'effet de surprise, on s'y est un peu ennuyé et on a eu du mal à se laisser emporter par l'intrigue tarabiscotée dans laquelle s'est laissé prendre le privé Sawazaki.
C'est tout de même l'occasion de découvrir les coulisses du pouvoir dans la métropole de Tokyo.
Une curiosité pour les accros du polar ou du Japon ou des deux.

Pour celles et ceux qui aiment les détectives du roman noir à l'américaine.

mercredi 28 novembre 2007

Cinoche : Les promesses de l'ombre

Mafia russe.

Décidément après A very british gangster et American gangster, les mafieux n'en finissent pas de nous fasciner.
Cette fois, c'est au tour de la mafia russe avec Les promesses de l'ombre de David Cronenberg.
La mafia russe, celle que l'on a pu voir envahir les lieux de tourisme et de villégiature, de l'Australie jusqu'au Canada ...
À la différence des deux films de « gangsters » cités plus haut, celui-ci aborde le sujet avec une optique bien différente.
Bien sûr on y apprend plein de choses sur la mafia russe installée à Londres (mais ce pourrait être à Paris ou ailleurs) et poursuivie par les anciens du KGB.
Et l'on s'amuse (on rit jaune quand même) à voir ces mafieux russes se comporter comme de vrais siciliens : on a changé la musique et l'accent, on a changé les flingues par les rasoirs et les spaghettis par le bortsch, mais c'est à peu près tout.
Mais cette fois, ce n'est pas là l'essentiel du propos, non, on est plutôt ici dans une presque tragédie aux personnages modelés avec soin et on notera tout particulièrement un trio d'acteurs particulièrement brillants : Armin Mueller-Stahl, un allemand étonnant dans le rôle du parrain, Vincent Cassel dans le rôle [difficile] du fils et surtout Viggo Mortensen dans le rôle de l'homme de main.
Ce trio-là n'en finit pas de jouer au chat et à la souris, c'est très trouble et c'est très fort.
De l'autre côté, du côté du bon droit, une blonde innocente qui tombe sur le journal intime d'une prostituée (venue des pays de l'est, c'est évident) et qui se jette dans la gueule du loup.
Pourtant Viggo Mortensen l'aura mise en garde : elle ferait mieux de rester du bon côté, chez les « very nice people ». D'ailleurs le seul qui franchira la barrière ...
Car il ne faut pas frayer avec ces gens-là.
Chez ces gens-là, madame, pour bien « marquer » sa différence on va jusqu'à se tatouer les états de service sur tout le corps. Et chez ces gens-là, madame, on en vient donc à négocier à poil dans les bains publics pour mieux voir à qui on a affaire.
On est scotché à son siège, fasciné par le trouble ballet de ces personnages.
Comme pour rompre cette fascination, comme pour nous rappeler qu'il ne s'agit pas de notre monde, David Cronenberg nous assène quelques scènes d'une rare violence, insoutenables.
Insoutenables, alors par réflexe on se cache les yeux, on ne veut pas voir. Oui, c'est ça, on ne peut pas voir la vraie réalité de cet autre monde, nous autres qui faisons partie des « very nice people ».
Mais la véritable violence, celle de la vraie réalité, pas celle du film, n'est pas dans les images : elle se cache dans les textes du journal intime de la jeune prostituée, lus peu à peu tout au long du film.
Par réflexe on se cache les yeux ... mais on oublie facilement de se boucher les oreilles.


Pour celles et ceux qui aiment les hommes, les vrais, les tatoués. 
D'autres avis sur Critico-Blog, Libé en parle très bien.

Cinoche : Les promesses de l'ombre

Mafia russe.

Décidément après A very british gangster et American gangster, les mafieux n'en finissent pas de nous fasciner.
Cette fois, c'est au tour de la mafia russe avec Les promesses de l'ombre de David Cronenberg.
La mafia russe, celle que l'on a pu voir envahir les lieux de tourisme et de villégiature, de l'Australie jusqu'au Canada ...
À la différence des deux films de « gangsters » cités plus haut, celui-ci aborde le sujet avec une optique bien différente.
Bien sûr on y apprend plein de choses sur la mafia russe installée à Londres (mais ce pourrait être à Paris ou ailleurs) et poursuivie par les anciens du KGB.
Et l'on s'amuse (on rit jaune quand même) à voir ces mafieux russes se comporter comme de vrais siciliens : on a changé la musique et l'accent, on a changé les flingues par les rasoirs et les spaghettis par le bortsch, mais c'est à peu près tout.
Mais cette fois, ce n'est pas là l'essentiel du propos, non, on est plutôt ici dans une presque tragédie aux personnages modelés avec soin et on notera tout particulièrement un trio d'acteurs particulièrement brillants : Armin Mueller-Stahl, un allemand étonnant dans le rôle du parrain, Vincent Cassel dans le rôle [difficile] du fils et surtout Viggo Mortensen dans le rôle de l'homme de main.
Ce trio-là n'en finit pas de jouer au chat et à la souris, c'est très trouble et c'est très fort.
De l'autre côté, du côté du bon droit, une blonde innocente qui tombe sur le journal intime d'une prostituée (venue des pays de l'est, c'est évident) et qui se jette dans la gueule du loup.
Pourtant Viggo Mortensen l'aura mise en garde : elle ferait mieux de rester du bon côté, chez les « very nice people ». D'ailleurs le seul qui franchira la barrière ...
Car il ne faut pas frayer avec ces gens-là.
Chez ces gens-là, madame, pour bien « marquer » sa différence on va jusqu'à se tatouer les états de service sur tout le corps. Et chez ces gens-là, madame, on en vient donc à négocier à poil dans les bains publics pour mieux voir à qui on a affaire.
On est scotché à son siège, fasciné par le trouble ballet de ces personnages.
Comme pour rompre cette fascination, comme pour nous rappeler qu'il ne s'agit pas de notre monde, David Cronenberg nous assène quelques scènes d'une rare violence, insoutenables.
Insoutenables, alors par réflexe on se cache les yeux, on ne veut pas voir. Oui, c'est ça, on ne peut pas voir la vraie réalité de cet autre monde, nous autres qui faisons partie des « very nice people ».
Mais la véritable violence, celle de la vraie réalité, pas celle du film, n'est pas dans les images : elle se cache dans les textes du journal intime de la jeune prostituée, lus peu à peu tout au long du film.
Par réflexe on se cache les yeux ... mais on oublie facilement de se boucher les oreilles.


Pour celles et ceux qui aiment les hommes, les vrais, les tatoués. 
D'autres avis sur Critico-Blog, Libé en parle très bien.

mardi 27 novembre 2007

Cinoche : American gangster

Black mafia.

Le titre du dernier film de Ridley Scott, American gangster, rappelle inévitablement le documentaire de McIntyre A very british gangster consacré à un parrain de la drogue à Manchester UK.
Et il y a effectivement quelques parallèles : American gangster est basé sur une histoire vraie et sans être un documentaire, il en a un peu le rythme puisqu'il s'agit d'une longue description (le film dure plus de 2h30, même si on ne s'y ennuie pas un seul instant) des affaires d'un trafiquant de drogue.
L'histoire d'un gangster donc, de son ascension, de son apogée et de sa chute (dans laquelle il entraînera beaucoup beaucoup de monde ... on vous laisse le découvrir).
Un gangster américain. Noir américain pour être précis.
Et cela change un peu des Scorcese et autres Coppola qui nous ont nourris jusqu'ici de mafieux italiens : on passe directement du côté de Harlem et là où beaucoup de critiques ont vu une comparaison difficile pour Ridley Scott, nous nous y avons apprécié une façon fort habile de renouveler le genre avec un film qui prend le temps de poser ses personnages, leur histoire, leur contexte.
Autre parallèle également avec A british gangster, le parti pris de dépeindre (du moins au début) le méchant sous les traits apparents d'un gentil : Denzel Washington, le bandit de Ridley Scott, est un homme d'affaires consciencieux qui, pour Thanksgiving , distribue généreusement des dindes aux nécessiteux de Harlem et qui fait le bonheur de sa nombreuse famille ...
En face, Russel Crowe incarne le flic incorruptible (le seul de tout NY !) et endosse là un rôle parfait, presque taillé sur mesure (avec un look années 70 plus vrai que nature !).
Autre atout de ce film et pas le moindre, l'ancrage historique de ce trafic dans le contexte de ces années 70 : celles de la guerre du Viet-Nam qui fournissait à la fois la source d'approvisionnement et les moyens de transport.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires vraies. 
D'autres avis sur Critico-Blog.

Cinoche : American gangster

Black mafia.

Le titre du dernier film de Ridley Scott, American gangster, rappelle inévitablement le documentaire de McIntyre A very british gangster consacré à un parrain de la drogue à Manchester UK.
Et il y a effectivement quelques parallèles : American gangster est basé sur une histoire vraie et sans être un documentaire, il en a un peu le rythme puisqu'il s'agit d'une longue description (le film dure plus de 2h30, même si on ne s'y ennuie pas un seul instant) des affaires d'un trafiquant de drogue.
L'histoire d'un gangster donc, de son ascension, de son apogée et de sa chute (dans laquelle il entraînera beaucoup beaucoup de monde ... on vous laisse le découvrir).
Un gangster américain. Noir américain pour être précis.
Et cela change un peu des Scorcese et autres Coppola qui nous ont nourris jusqu'ici de mafieux italiens : on passe directement du côté de Harlem et là où beaucoup de critiques ont vu une comparaison difficile pour Ridley Scott, nous nous y avons apprécié une façon fort habile de renouveler le genre avec un film qui prend le temps de poser ses personnages, leur histoire, leur contexte.
Autre parallèle également avec A british gangster, le parti pris de dépeindre (du moins au début) le méchant sous les traits apparents d'un gentil : Denzel Washington, le bandit de Ridley Scott, est un homme d'affaires consciencieux qui, pour Thanksgiving , distribue généreusement des dindes aux nécessiteux de Harlem et qui fait le bonheur de sa nombreuse famille ...
En face, Russel Crowe incarne le flic incorruptible (le seul de tout NY !) et endosse là un rôle parfait, presque taillé sur mesure (avec un look années 70 plus vrai que nature !).
Autre atout de ce film et pas le moindre, l'ancrage historique de ce trafic dans le contexte de ces années 70 : celles de la guerre du Viet-Nam qui fournissait à la fois la source d'approvisionnement et les moyens de transport.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires vraies. 
D'autres avis sur Critico-Blog.

vendredi 23 novembre 2007

Bouquin : Une île sous le vent

Portraits de femmes.

Sympathique découverte (grâce à Katell, si je me souviens bien).

Après Brady Udall qui lâchaient ses chiens il y a quelques jours, voici un autre recueil de nouvelles venues des US : Une île sous le vent de Barbara Kingsolver.
L'écriture est plus posée, plus lente que chez B. Udall.
Les nouvelles sont un peu plus longues aussi.
Mais la règle est un peu la même : on plonge, le temps de quelques pages, dans l'instant d'une vie, entre un passé qui se découvre sous les mots et un futur qui se devine au fil des pages.
Mais si Udall le mormon photographiait des hommes (la plupart sans femmes), Barbara Kingsolver, à l'opposé, tire le portrait de femmes, de beaux portraits de femmes.

[...] Elle aimerait aller au cinéma voir de vrais flims mais Ed ne veut pas. « Attends quelques années, on les passera à la télé », dit-il systématiquement. Le noir et blanc et les coupes des scènes brûlantes ne semblent pas le gêner. Ils pourraient aujourd'hui s'offrir un nouveau poste, mais Ed prétend pouvoir deviner les couleurs absentes de l'écran. Il le «prouve» parfois en s'écriant « Tu vois, la chemise de ce type est verte. » Ou : « La fille est rousse. » Il lui arrive parfois de se tromper. Il a cru pendant des années le Peter Graves de Mission Impossible blond, jusqu'au soir où, regardant la télé chez Millie et Darel,  il le découvrit aussi blanc qu'un vieux monsieur. « Ton poste est mal réglé », s'obstinait-il à dire à Darrel, refusant d'admettre l'évidence.
Des portraits de filles, de mère, de femmes dont le couple se défait, ...
[...] Je conduis toujours la Pontiac que j'ai achetée il y a dix ans, mais six petits amis et un mari se sont succédés dans ma vie. Ce même mari, Buddy, que j'ai épousé et dont j'ai divorcé deux fois.
- Au moins tu peux compter sur ta voiture.


Après Katell, d'autres avis sur Critico-blog.

Bouquin : Une île sous le vent

Portraits de femmes.

Sympathique découverte (grâce à Katell, si je me souviens bien).

Après Brady Udall qui lâchaient ses chiens il y a quelques jours, voici un autre recueil de nouvelles venues des US : Une île sous le vent de Barbara Kingsolver.
L'écriture est plus posée, plus lente que chez B. Udall.
Les nouvelles sont un peu plus longues aussi.
Mais la règle est un peu la même : on plonge, le temps de quelques pages, dans l'instant d'une vie, entre un passé qui se découvre sous les mots et un futur qui se devine au fil des pages.
Mais si Udall le mormon photographiait des hommes (la plupart sans femmes), Barbara Kingsolver, à l'opposé, tire le portrait de femmes, de beaux portraits de femmes.

[...] Elle aimerait aller au cinéma voir de vrais flims mais Ed ne veut pas. « Attends quelques années, on les passera à la télé », dit-il systématiquement. Le noir et blanc et les coupes des scènes brûlantes ne semblent pas le gêner. Ils pourraient aujourd'hui s'offrir un nouveau poste, mais Ed prétend pouvoir deviner les couleurs absentes de l'écran. Il le «prouve» parfois en s'écriant « Tu vois, la chemise de ce type est verte. » Ou : « La fille est rousse. » Il lui arrive parfois de se tromper. Il a cru pendant des années le Peter Graves de Mission Impossible blond, jusqu'au soir où, regardant la télé chez Millie et Darel,  il le découvrit aussi blanc qu'un vieux monsieur. « Ton poste est mal réglé », s'obstinait-il à dire à Darrel, refusant d'admettre l'évidence.
Des portraits de filles, de mère, de femmes dont le couple se défait, ...
[...] Je conduis toujours la Pontiac que j'ai achetée il y a dix ans, mais six petits amis et un mari se sont succédés dans ma vie. Ce même mari, Buddy, que j'ai épousé et dont j'ai divorcé deux fois.
- Au moins tu peux compter sur ta voiture.


Après Katell, d'autres avis sur Critico-blog.

jeudi 22 novembre 2007

Miousik : Asa

Soul from Nigeria

Voilà de la soul qui swingue, venue d'Afrique, du Nigeria, l'ancien Royaume du Bénin.
C'est Asa (alias Bukola Elemide, asha, qui veut dire petit faucon en yoruba).
Moins soul et plus rock que Ayo, moins folk et plus chaleureuse que Tracy Chapman, voici de superbes orchestrations, une voix chaude, un rythme sans faille.

On aime bien, on aime beaucoup :

- 360
- le très doux Bibanke
- ou encore le swinguant Jailer  que vous pouvez retrouver en version intégrale dans le clip vidéo ci-contre.

I'am in chains, you’re in chains too I wear uniforms, and you wear uniforms too
I'am a prisoner, you’re a prisoner too, Mr Jailer ...
I have fears, you have fear too
I will die, but you'self go die too
Life is beautiful don’t you think so too ? Mr Jailer  ...
I'am talking to you jailer
Stop calling me a prisoner
Let he who is without sin
Be the first to cast the stone, Mr Jailer ...

Miousik : Asa

Soul from Nigeria

Voilà de la soul qui swingue, venue d'Afrique, du Nigeria, l'ancien Royaume du Bénin.
C'est Asa (alias Bukola Elemide, asha, qui veut dire petit faucon en yoruba).
Moins soul et plus rock que Ayo, moins folk et plus chaleureuse que Tracy Chapman, voici de superbes orchestrations, une voix chaude, un rythme sans faille.

On aime bien, on aime beaucoup :

- 360
- le très doux Bibanke
- ou encore le swinguant Jailer  que vous pouvez retrouver en version intégrale dans le clip vidéo ci-contre.

I'am in chains, you’re in chains too I wear uniforms, and you wear uniforms too
I'am a prisoner, you’re a prisoner too, Mr Jailer ...
I have fears, you have fear too
I will die, but you'self go die too
Life is beautiful don’t you think so too ? Mr Jailer  ...
I'am talking to you jailer
Stop calling me a prisoner
Let he who is without sin
Be the first to cast the stone, Mr Jailer ...

vendredi 16 novembre 2007

Bouquins : Hommes sans mère

Leçon d'humanité, leçon d'humilité.

Voilà une bien belle histoire et d'une bien belle écriture.
L'histoire est celle d'Hommes sans mère et la plume d'Hubert Mingarelli.
Difficile de résumer ce roman où, en 24 heures et 160 pages, il ne se passe finalement pas grand chose : deux marins en virée à terre, fuyant la promiscuité de leurs camarades en bordée, se mettent en quête d'une maison de filles ...
Sont-ils amis ou même simples camarades, eux-mêmes ne le savent pas trop,mais on les accompagne bien volontiers, et on fera avec eux la rencontre de quelques personnages bien vivants.
À l'exact opposé des proses alambiquées d'autres auteurs français à la mode comme Claudel ou Barbery, l'art de Mingarelli touche à la simplicité, presque au dépouillement : simplicité de l'histoire on l'a dit, simplicité de l'écriture, simplicité des hommes et de leurs sentiments à peine évoqués mais si fortement exprimés.
[...] ... Et puis, tu sais, il y a toujours un peu de lumière dans le poste, là où on dort, il fait jamais nuit, on y voit toujours un peu, et quand il sortait le bras de sa couchette  je voyais sa main, et c'est drôle mais quand tu vois tout le temps la main de quelqu'un d'aussi près, tu finis par avoir des sentiments pour lui, ou quelque chose qui ressemble à ça tu vois. 
Les dialogues, toujours très beaux, trahissent le même besoin d'épure :
[...] -Tes jambes sont très jolies. 
- Merci. 
- Je les aime beaucoup.  

- Je sais. 
- Comment peux-tu le savoir ? 
- Tu les as beaucoup regardées tout à l'heure.  
- Tu m'as vu les regarder ? 
- Oui, mais ça ne m'a pas gênée. 
Homer dit avec sincérité : 
- Mais je t'écoutais aussi. 
- Ça aussi je l'ai vu. C'est gentil. 
Une écriture aussi limpide, aussi transparente, ne cache donc rien de la profonde humanité des personnages. C'est un peu de la vie qu'il nous est donné à lire. Tout simplement.

Pour celles et ceux qui aiment les portraits de marins en gros plan.  
D'autres avis sur Critiques Libres.

Bouquin : La vie aux aguets

W. Boyd s'essaie à l'espionnage.

Voilà-t-y pas que William Boyd s'essaie à l'espionnage ?
Avec La vie aux aguets (Restless en VO) il met en scène une Mata-Hari de la guerre (la world war two).
Enfin non, pas une Mata-Hari justement mais une femme tout à fait ordinaire, ou presque.
C'est sa fille, déjà maman d'un petit garçon, qui nous raconte l'histoire puisque 40 ans après la guerre, un beau jour sa mère décide de lui confier ses secrets.
  [...]« Est-ce que Papa savait ? » 
Elle marqua un temps d'arrêt. « Non, il n'a rien su. » 
J'ai réfléchi un moment, en songeant à mes parents et à la manière dont je les avais toujours regardés. Efface-moi le tableau, me suis-je dit. 
« Il n'a rien soupçconné ? Jamais ? 
- Je ne crois pas. nous étions très heureux, c'était tout ce qui importait. 
- Alors pourquoi as-tu décidé de me raconter tout ça ? De me livrer tes secrets, tout à coup ? » 
Elle a soupiré, jeté un coup d'oeil autour d'elle, agité les mains sans but, les a passés dans ses cheveux avant de tapoter des doigts sur la table. 
« Parce que, a-t-elle lâché enfin, parce que je crois que quelqu'un tente de me tuer. » 
Le livre passe d'une époque à l'autre et les chapitres alternent entre les années de guerre de la mère et la vie presque actuelle de la fille (fin des années 70, les années de la bande à Baader) qui découvre peu à peu le passé de son espionne de maman.
Bien sûr, présent et passé finiront par se rejoindre.
On n'a pas vraiment été enthousiasmé par le bouquin, peut-être parce qu'on n'a pas vraiment accroché à la vie rocambolesque (trop ?) de ces deux dames.
Pas franchement déçu non plus (le mot serait un peu fort) mais on en attendait un peu plus, c'est quand même un William Boyd.
Mais ce qui à nos yeux fait tout l'intérêt de l'histoire (de l'Histoire pourrait-on dire !) c'est bien le décor géo-politique de la partie espionnage : au tout début de la guerre, les anglais essaient à tout prix de persuader les américains de s'engager aux côtés de l'Europe.
On assiste à une véritable bataille de l'information et les services anglais imaginent toutes les infos et toutes les intox qui pourraient réveiller les américains, encore échaudés par la première guerre, et les amener à entrer dans la seconde.
L'héroïne du roman est précisément enrôlée dans l'un de ces services et chargée de préparer diverses vraies-fausses infos destinées à persuader les États-Unis de l'imminence du péril.
Comme on le sait, ce sera Pearl-Harbour qui fera basculer l'Histoire et la propagande britannique n'aura finalement pas pesé lourd. Mais ça, ils ne le savaient pas encore !

Pour celles et ceux qui aiment les belles espionnes. 
Agapanthe a beaucoup aimé et d'autres avis sur Critiques Libres.

Bouquin : La vie aux aguets

W. Boyd s'essaie à l'espionnage.

Voilà-t-y pas que William Boyd s'essaie à l'espionnage ?
Avec La vie aux aguets (Restless en VO) il met en scène une Mata-Hari de la guerre (la world war two).
Enfin non, pas une Mata-Hari justement mais une femme tout à fait ordinaire, ou presque.
C'est sa fille, déjà maman d'un petit garçon, qui nous raconte l'histoire puisque 40 ans après la guerre, un beau jour sa mère décide de lui confier ses secrets.
  [...]« Est-ce que Papa savait ? » 
Elle marqua un temps d'arrêt. « Non, il n'a rien su. » 
J'ai réfléchi un moment, en songeant à mes parents et à la manière dont je les avais toujours regardés. Efface-moi le tableau, me suis-je dit. 
« Il n'a rien soupçconné ? Jamais ? 
- Je ne crois pas. nous étions très heureux, c'était tout ce qui importait. 
- Alors pourquoi as-tu décidé de me raconter tout ça ? De me livrer tes secrets, tout à coup ? » 
Elle a soupiré, jeté un coup d'oeil autour d'elle, agité les mains sans but, les a passés dans ses cheveux avant de tapoter des doigts sur la table. 
« Parce que, a-t-elle lâché enfin, parce que je crois que quelqu'un tente de me tuer. » 
Le livre passe d'une époque à l'autre et les chapitres alternent entre les années de guerre de la mère et la vie presque actuelle de la fille (fin des années 70, les années de la bande à Baader) qui découvre peu à peu le passé de son espionne de maman.
Bien sûr, présent et passé finiront par se rejoindre.
On n'a pas vraiment été enthousiasmé par le bouquin, peut-être parce qu'on n'a pas vraiment accroché à la vie rocambolesque (trop ?) de ces deux dames.
Pas franchement déçu non plus (le mot serait un peu fort) mais on en attendait un peu plus, c'est quand même un William Boyd.
Mais ce qui à nos yeux fait tout l'intérêt de l'histoire (de l'Histoire pourrait-on dire !) c'est bien le décor géo-politique de la partie espionnage : au tout début de la guerre, les anglais essaient à tout prix de persuader les américains de s'engager aux côtés de l'Europe.
On assiste à une véritable bataille de l'information et les services anglais imaginent toutes les infos et toutes les intox qui pourraient réveiller les américains, encore échaudés par la première guerre, et les amener à entrer dans la seconde.
L'héroïne du roman est précisément enrôlée dans l'un de ces services et chargée de préparer diverses vraies-fausses infos destinées à persuader les États-Unis de l'imminence du péril.
Comme on le sait, ce sera Pearl-Harbour qui fera basculer l'Histoire et la propagande britannique n'aura finalement pas pesé lourd. Mais ça, ils ne le savaient pas encore !

Pour celles et ceux qui aiment les belles espionnes. 
Agapanthe a beaucoup aimé et d'autres avis sur Critiques Libres.

Miousik : Katie Melua

C'est dans les bacs et sur le web.

Katie Melua, la géorgienne de Londres, a déjà eu droit par deux fois aux honneurs de ce blog, avec :
Nine millions bicycles in Beijin
- et Shy boy

La revoici avec un nouvel album, Pictures, qui nous a paru encore plus abouti.

Deux extraits pour y goûter :
- une douce balade folk : Mary Pickford
- et l'excellent Ghost Town
Je veux bien être interdit de blog pendant au moins deux heures si vous ne vous mettez pas à fredonner avec Katie Melua :
The thing that makes me feel the most down,
Is the feeling that I'm living in a ghost town. [...]
From this ghost town,
I feel like giving in,
Since you left I'm living in,
An old ghost town.

Miousik : Katie Melua

C'est dans les bacs et sur le web.

Katie Melua, la géorgienne de Londres, a déjà eu droit par deux fois aux honneurs de ce blog, avec :
Nine millions bicycles in Beijin
- et Shy boy

La revoici avec un nouvel album, Pictures, qui nous a paru encore plus abouti.

Deux extraits pour y goûter :
- une douce balade folk : Mary Pickford
- et l'excellent Ghost Town
Je veux bien être interdit de blog pendant au moins deux heures si vous ne vous mettez pas à fredonner avec Katie Melua :
The thing that makes me feel the most down,
Is the feeling that I'm living in a ghost town. [...]
From this ghost town,
I feel like giving in,
Since you left I'm living in,
An old ghost town.

dimanche 11 novembre 2007

Cinoche : Dans la vallée d'Elah

Que sont nos jeunes soldats devenus ?

On est fans de Tommy Lee Jones et on s'est régalé avec le film de Paul Haggis : Dans la vallée d'Elah.
Même si ce film profondément noir et désespéré ne prête pas vraiment au sourire, c'est le moins qu'on puisse en dire.
Un père, ancien militaire, enquête sur le meurtre de son fils, assassiné à son retour d'Irak où il était en mission.
Il ne faut pas envoyer des héros dans des endroits comme l'Irak. C'est la merde.
Comme un étrange écho à l'Ennemi intime d'il y a quelques jours.
Tout le propos du film est là. Pourquoi envoyer nos enfants dans ces sales guerres ? Quelles horreurs vivent-ils là-bas ? Comment peuvent-ils se réintégrer au retour ?
C'est la quête vaine de Tommy Lee Jones, tandis que la mère, Susan Sarrandon, se désespère et que Charlize Theron essaie tant bien que mal de mener l'enquête officielle.
Ces trois-là sont vraiment excellents et donnent corps au désespoir qui baigne ce film.
Un film à la tension presque palpable, la caméra au plus proche des êtres.
MAM a trouvé un peu long mais BMR a apprécié la lenteur linéaire de cette enquête, de cette quête, propice à distiller le malaise et l'émotion qui imprègnent ce film.
Les horreurs de l'Irak sont à peine suggérées par des bouts de vidéos cahotiques récupérées d'un téléphone mobile (vidéos telles que l'on peut en trouver parait-il sur le web), tandis que de l'autre côté de l'océan, l'Amérique y est longuement filmée de façon étrange, grise et blafarde. On se croirait sur une autre planète, presque désincarnée et en tout cas déshumanisée. Du parking au motel, du fast-food au bar topless, nulle place pour l'ombre d'une romance ou même un sourire.
C'est d'ailleurs bien la seule morale du film : il y a quelque chose de pourri au royaume de l'oncle Bush qui ne veut pas ouvrir les yeux sur ce que sont devenus ses jeunes soldats partis combattre Goliath et Tommy Lee Jones finit par hisser la bannière étoilée à l'envers, signal de détresse - nous sommes perdus.
Le film se clôture d'ailleurs avec la chanson Lost (We're lost, les paroles sont ici) d'Annie Lennox tirée de son récent album : Songs of massive destruction ... tout un programme !
MAM a relevé cette scène qui met à table Tommy Lee Jones avec l'un de ses collègues, vétéran de l'armée comme lui. Le collègue retraité est sur le départ, en camping-car, pour retrouver ses petits-enfants et avoue ne pas/ne plus pouvoir aider Tommy Lee Jones. Manifestement, il a rompu avec son passé militaire et c'est peut-être la seule petite lueur de ce sombre film. Tommy Lee Jones y reste englué, lui qui, finalement, aura envoyé ses deux fils se perdre dans la vallée d'Elah ...

Le film prend son titre dans la Vallée d'Elah, la plaine des térébinthes, au Moyen-Orient, ou le petit David fut envoyé combattre le géant Goliath. 
David qui lui-même, quelques années plus tard, enverra Urie le Hittite au casse-pipe, en espérant bien ne pas le revoir afin de pouvoir s'accaparer son épouse Bethsabée. Et le fils de David et Bethsabée périra de la colère divine (vous vous en souvenez peut-être, on avait déjà croisé cette légende biblique dans le bouquin de Jo Nesbo : Rouge-Gorge).

Pour celles et ceux qui aiment les histoires fortes et vraies. 
D'autres avis sur Critico-Blog. 
Et en écho à ce film (à moins que ce ne soit l'inverse) : un article du Monde qui reprend CBS sur les suicides des anciens militaires d'Afghanistan et d'Irak.

Cinoche : Dans la vallée d'Elah

Que sont nos jeunes soldats devenus ?

On est fans de Tommy Lee Jones et on s'est régalé avec le film de Paul Haggis : Dans la vallée d'Elah.
Même si ce film profondément noir et désespéré ne prête pas vraiment au sourire, c'est le moins qu'on puisse en dire.
Un père, ancien militaire, enquête sur le meurtre de son fils, assassiné à son retour d'Irak où il était en mission.
Il ne faut pas envoyer des héros dans des endroits comme l'Irak. C'est la merde.
Comme un étrange écho à l'Ennemi intime d'il y a quelques jours.
Tout le propos du film est là. Pourquoi envoyer nos enfants dans ces sales guerres ? Quelles horreurs vivent-ils là-bas ? Comment peuvent-ils se réintégrer au retour ?
C'est la quête vaine de Tommy Lee Jones, tandis que la mère, Susan Sarrandon, se désespère et que Charlize Theron essaie tant bien que mal de mener l'enquête officielle.
Ces trois-là sont vraiment excellents et donnent corps au désespoir qui baigne ce film.
Un film à la tension presque palpable, la caméra au plus proche des êtres.
MAM a trouvé un peu long mais BMR a apprécié la lenteur linéaire de cette enquête, de cette quête, propice à distiller le malaise et l'émotion qui imprègnent ce film.
Les horreurs de l'Irak sont à peine suggérées par des bouts de vidéos cahotiques récupérées d'un téléphone mobile (vidéos telles que l'on peut en trouver parait-il sur le web), tandis que de l'autre côté de l'océan, l'Amérique y est longuement filmée de façon étrange, grise et blafarde. On se croirait sur une autre planète, presque désincarnée et en tout cas déshumanisée. Du parking au motel, du fast-food au bar topless, nulle place pour l'ombre d'une romance ou même un sourire.
C'est d'ailleurs bien la seule morale du film : il y a quelque chose de pourri au royaume de l'oncle Bush qui ne veut pas ouvrir les yeux sur ce que sont devenus ses jeunes soldats partis combattre Goliath et Tommy Lee Jones finit par hisser la bannière étoilée à l'envers, signal de détresse - nous sommes perdus.
Le film se clôture d'ailleurs avec la chanson Lost (We're lost, les paroles sont ici) d'Annie Lennox tirée de son récent album : Songs of massive destruction ... tout un programme !
MAM a relevé cette scène qui met à table Tommy Lee Jones avec l'un de ses collègues, vétéran de l'armée comme lui. Le collègue retraité est sur le départ, en camping-car, pour retrouver ses petits-enfants et avoue ne pas/ne plus pouvoir aider Tommy Lee Jones. Manifestement, il a rompu avec son passé militaire et c'est peut-être la seule petite lueur de ce sombre film. Tommy Lee Jones y reste englué, lui qui, finalement, aura envoyé ses deux fils se perdre dans la vallée d'Elah ...

Le film prend son titre dans la Vallée d'Elah, la plaine des térébinthes, au Moyen-Orient, ou le petit David fut envoyé combattre le géant Goliath. 
David qui lui-même, quelques années plus tard, enverra Urie le Hittite au casse-pipe, en espérant bien ne pas le revoir afin de pouvoir s'accaparer son épouse Bethsabée. Et le fils de David et Bethsabée périra de la colère divine (vous vous en souvenez peut-être, on avait déjà croisé cette légende biblique dans le bouquin de Jo Nesbo : Rouge-Gorge).

Pour celles et ceux qui aiment les histoires fortes et vraies. 
D'autres avis sur Critico-Blog. 
Et en écho à ce film (à moins que ce ne soit l'inverse) : un article du Monde qui reprend CBS sur les suicides des anciens militaires d'Afghanistan et d'Irak.

Cinoche : L'heure zéro

Attention, un crime peut en cacher un autre.

Après Mon petit doigt m'a dit, Pascal Thomas met en image un autre roman d'Agatha Christie : L'heure zéro, l'heure du crime.
Voilà un divertissement bien agréable : de quoi se détendre et reposer les méninges (même si on cherche vaguement le coupable, le film ne nous en laisse guère le temps et on se laisse gentiment porté par l'enquête et ses mystifications), et c'est quand même plus fin que les américanismes comme Mr. Brooks, par exemple.
Dans la riche demeure de la riche Tante Camilla, sont réunis pour les vacances en Bretagne, plusieurs amis et membres de la famille dont le neveu, son ex épouse et sa dernière conquête.
On se doute que tout cela va très mal finir ... pour notre plus grand plaisir.
Pascal Thomas met en scène quelques personnages hauts en couleur et c'est là tout le charme de ce film plein d'humour finaud et décalé.
Quelques mentions spéciales pour :
- Danièle Darrieux, exquise en vieille dame portée sur le Saint-Émilion et les paradis opiacés,
- Laura Smet, insupportable en capricieuse mal élevée qui a hérité de la grande gueule de Johnny et des jolies gambettes de Nathalie,
- François Morel, délicieux en flic en vacances, façon Mr. Hulot, aux galurins impossibles,
- Paul Minthe et Valériane de Villeneuve, ahurissants en couple de domestiques déjantés.
À déguster comme une boîte de bonbons anglais ... mais certains sont aux épices.
On se prend presque à regretter que, justement, Pascal Thomas n'ait pas osé forcer un peu la dose de sel et d'épices, sans doute pour conserver le côté «tout public».


Pour celles et ceux qui aiment les vacances à la mer et les parties de Cluedo.
D'autres avis sur Critico-Blog.

Cinoche : L'heure zéro

Attention, un crime peut en cacher un autre.

Après Mon petit doigt m'a dit, Pascal Thomas met en image un autre roman d'Agatha Christie : L'heure zéro, l'heure du crime.
Voilà un divertissement bien agréable : de quoi se détendre et reposer les méninges (même si on cherche vaguement le coupable, le film ne nous en laisse guère le temps et on se laisse gentiment porté par l'enquête et ses mystifications), et c'est quand même plus fin que les américanismes comme Mr. Brooks, par exemple.
Dans la riche demeure de la riche Tante Camilla, sont réunis pour les vacances en Bretagne, plusieurs amis et membres de la famille dont le neveu, son ex épouse et sa dernière conquête.
On se doute que tout cela va très mal finir ... pour notre plus grand plaisir.
Pascal Thomas met en scène quelques personnages hauts en couleur et c'est là tout le charme de ce film plein d'humour finaud et décalé.
Quelques mentions spéciales pour :
- Danièle Darrieux, exquise en vieille dame portée sur le Saint-Émilion et les paradis opiacés,
- Laura Smet, insupportable en capricieuse mal élevée qui a hérité de la grande gueule de Johnny et des jolies gambettes de Nathalie,
- François Morel, délicieux en flic en vacances, façon Mr. Hulot, aux galurins impossibles,
- Paul Minthe et Valériane de Villeneuve, ahurissants en couple de domestiques déjantés.
À déguster comme une boîte de bonbons anglais ... mais certains sont aux épices.
On se prend presque à regretter que, justement, Pascal Thomas n'ait pas osé forcer un peu la dose de sel et d'épices, sans doute pour conserver le côté «tout public».


Pour celles et ceux qui aiment les vacances à la mer et les parties de Cluedo.
D'autres avis sur Critico-Blog.

vendredi 9 novembre 2007

Bouquin : Tsubaki

Devoir de mémoire.

Tsubaki (camélia en japonais) commence comme un devoir de mémoire après les deux bombes d'Hiroshima et surtout de Nagasaki.
[...] - Grand-mère, pourquoi les Américains ont-ils envoyé deux bombes atomiques sur le Japon ? 
- Parce qu'ils n'en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement.
Mais derrière ce drame (qu'il nest cependant pas inutile de nous rappeler de temps en temps) s'en cache bien entendu un autre, plus intime.
[...] Je me rappelle ses paroles la veille du soir de sa mort : « Il y a des cruautés qu'on n'oublie jamais. Pour moi, ce n'est pas la guerre ni la bombe atomique. » Je me demande à nouveau ce qu'elle voulait dire par ces paroles.
À la mort de sa mère, une jeune femme héritera d'une curieuse lettre et repartira sur les traces du passé, jusqu'au jour précisément où sa mère ouvrit un sachet de cyanure, peu avant que la bombe ne tombe sur Nagasaki.
Il lui faudra une centaine de pages, où alternent le présent et le passé, pour découvrir les secrets de famille qui étaient restés enfouis sous les cendres de la bombe.

C'était le 9 août 1945.

Pour celles et ceux qui aiment les drames et les courtes histoires. 
Papillon en parle, comme Jules, Bellesahi ou Tamara. 
D'autres encore sur Critiques Libres. 
À noter que ce petit roman fait partie d'une série de cinq, intitulée « le poids des secrets » (à découvrir sur le blog de Clochette).

Bouquin : Tsubaki

Devoir de mémoire.

Tsubaki (camélia en japonais) commence comme un devoir de mémoire après les deux bombes d'Hiroshima et surtout de Nagasaki.
[...] - Grand-mère, pourquoi les Américains ont-ils envoyé deux bombes atomiques sur le Japon ? 
- Parce qu'ils n'en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement.
Mais derrière ce drame (qu'il nest cependant pas inutile de nous rappeler de temps en temps) s'en cache bien entendu un autre, plus intime.
[...] Je me rappelle ses paroles la veille du soir de sa mort : « Il y a des cruautés qu'on n'oublie jamais. Pour moi, ce n'est pas la guerre ni la bombe atomique. » Je me demande à nouveau ce qu'elle voulait dire par ces paroles.
À la mort de sa mère, une jeune femme héritera d'une curieuse lettre et repartira sur les traces du passé, jusqu'au jour précisément où sa mère ouvrit un sachet de cyanure, peu avant que la bombe ne tombe sur Nagasaki.
Il lui faudra une centaine de pages, où alternent le présent et le passé, pour découvrir les secrets de famille qui étaient restés enfouis sous les cendres de la bombe.

C'était le 9 août 1945.

Pour celles et ceux qui aiment les drames et les courtes histoires. 
Papillon en parle, comme Jules, Bellesahi ou Tamara. 
D'autres encore sur Critiques Libres. 
À noter que ce petit roman fait partie d'une série de cinq, intitulée « le poids des secrets » (à découvrir sur le blog de Clochette).