[...] Il faut des éboueurs.
Un thriller de série B qui ne m'a pas convaincu, la prose est un peu rude.
❤️🤍🤍🤍🤍 L'auteur, le livre (224 pages, mai 2026) :
Yann Zolets est un ancien de la Marine et il préserve son identité derrière ce nom de plume pour se lancer dans le thriller d'espionnage, façon James Bond.
Quelques uns de ses romans ont été publiés en auto-édition avant que La Manufacture de Livres publie ce Hors-la-vie, un préquel du roman Le Petit Caporal.
Le pitch et les personnages :
Dima (diminutif de Dimitri, sa mère était d'origine russe) est un agent des commandos. On pense au service action de la DGSE, même si le rattachement n'est pas explicite, sans doute pour conserver toute liberté aux personnages et au scénario.
Deux histoires vont se chevaucher au fil des chapitres.
En 2012, Dima recrute une jeune femme, Léa, dont il va utiliser les relations pour s'infiltrer au plus près d'un narcotrafiquant colombien.
Trois ans plus tard, en 2015, Dima monte une opération complexe au Moyen-Orient et dans le Caucase : visiblement il a des comptes régler avec son propre camp.
Peu à peu les deux intrigues vont se développer et leurs ramifications s'éclairer.
♥ On n'aime pas trop :
➔ Il y a beaucoup d'amertume dans le personnage de Dima, le héros du livre, celui qui est "hors la vie".
Clairement, c'est le genre de type que notre République envoie faire le sale boulot dans des contrées lointaines, façon : le département niera toute connaissance ...
Parce qu'« il faut des éboueurs, pour qu’au petit matin les rues soient propres et nettoyées et que les citoyens puissent gagner sereinement leur travail après avoir déposé leurs enfants à l’école ».
Dima est donc devenu « un fauve de la pire espèce, un tueur au sang froid qui ne connaît ni la pitié ni la compassion, et qui ne respecte que les êtres dotés de la même génétique maléfique que lui ».
Il a « corrompu avec méthode, [...] poussé les plus faibles au pire et [...] tué froidement sans rien regretter ».
Nul doute que ce métier, ces basses besognes qu'on lui ordonne, n'ont rien fait pour alléger son karma et dans son paquetage, il trimbale de vieilles casseroles bien douloureuses.
La rédemption est-elle au bout du tunnel ?
➔ Ce personnage aurait pu être intéressant mais l'auteur en fait vraiment des tonnes du côté du super-héros à la musculature tatouée, sur-développée, sur-vitaminée, sur-toutcequevousvoulez, ...
« Mon M. Hyde a pris le dessus. [...] Alors je sors de ce rôle qui ne m’était pas destiné et je remets mon costume de spadassin. L’adrénaline se déverse en moi, mon armure biologique se met en place. »« Le temps s’écoule inexorablement vers le moment ultime où je lui lâcherai la main pour la dernière fois, cet instant où nos lèvres se sépareront à tout jamais. Je me sens comme le locataire du couloir de la mort dont l’unique pensée se focalise sur les dernières secondes de son existence. »
➔ Au point que pour faire passer cette prose, digne d'une série B, un second degré ironique aurait été bienvenu mais que je n'ai malheureusement pas perçu. On se croirait plutôt dans un roman de gare, un James Bond, un SAS.
« Une fois la porte refermée, Léa me jette un regard sans équivoque sur son envie de sexe, et sans me faire prier, je lui fais l’amour sur le grand lit de notre suite somptueuse. »
J'avoue que tout cela ne m'a pas vraiment enthousiasmé et il ne me reste plus qu'à laisser ce livre trouver son public.
Pour celles et ceux qui aiment les James Bond.
D’autres avis sur Babelio.
Livre lu grâce à La Manufacture de Livres (SP).
Ma chronique dans la revue ActuaLitté.



