[...] C'était une conspiration.
Un Ellory « mineur » mais bien tenu, qui nous plonge dans la traque obsessionnelle d'un tueur en série, semant le trouble au sein du FBI pendant de longues années.
- La quête obsessionnelle d'un serial-killer sur plus de vingt ans
- Les tout débuts du profilage au sein du FBI
- Des références à Zodiaque, Mindhunter, Seven, ...
L'auteur, le livre (522 pages, avril 2026, 2025 en VO) :
On ne présente plus Roger Jon Ellory, l'écrivain britannique qui, comme nul autre, possède le don de nous transporter au cœur des États-Unis.
Si je vous en parle c'est parce que j'aime beaucoup R. J. Ellory qui chaque année nous livre un gros pavé avec une régularité de métronome et une qualité presque constante, même si cette fois-ci je dois reconnaître que nous avons affaire à un "petit" Ellory, qui se lit malgré tout sans déplaisir.
Les invisibles sont traduits de l'anglais par Etienne Gomez.
Le pitch et les personnages :
Tout commence en 1975, dans l'ouest de l'état de New-York, tout près du lac Ontario.
Une première victime est retrouvée, paisiblement couchée dans son lit, tuée par un cocktail de barbituriques et de chloroforme. Quelques semaines plus tard, une deuxième. Puis trois, quatre ...
Chacune tenait dans ses mains un papier où était inscrit un vers, tiré de la Divine Comédie de Dante.
La police de Syracuse piétine, aucune piste.
L'affaire est bientôt reléguée dans les pattes de l'inspecteur Michael Ridgway et de sa collègue Rachel Hoffman.
Deuxième épisode en 1985 : « Rachel avait trente-deux ans. Elle était au FBI depuis quatre ans. »
Tout recommence et le meurtrier semble s'adresser directement à Rachel, « un homme cultivé qui avait lu La Divine Comédie et qui était animé par une aspiration à la mise en scène ».
Les années vont suivre le livre de Dante : Morte 1975, Inferno 1980, Purgatori 1985, Paradiso 1989.
« Une fois , c’était un hasard ; deux fois, c’était une coïncidence ; mais trois fois, c’était une conspiration. »
Au fil des années, l'enquête de Rachel devient une véritable obsession.
♥ On aime :
➔ L'intrigue peine un peu à se mettre en place : à l'opposé de nombreux auteurs de polars qui vous plongent immédiatement sur les lieux du crime, voire au cœur de l'esprit tourmenté du meurtrier, Ellory a orchestré un scénario au long cours qui se déploie sur plusieurs décennies.
Il apparaît bientôt que ce qui intéresse l'auteur n'est pas tant l'enquête criminelle elle-même que, chez Rachel, la quête obsessionnelle d'un meurtrier aussi retors qu'insaisissable. On pense à des histoires comme celle du Zodiaque par exemple, qui est même citée dans le bouquin.
Et Rachel finira par faire de cette traque sa principale raison de vivre.
« Sa vie était un vide accessible seulement aux aspects les plus sombres de l’humanité. Elle les y recevait, voire les y accueillait, se convainquant par ce moyen que sa vie avait du sens et un objectif. »
➔ L'autre intérêt du roman, c'est qu'on y assiste aux tout débuts du "profilage" comme dans la série Mindhunter.
« – L’inspectrice Hoffman est venue de Syracuse pour nous prêter main-forte.➔ Tout cela n'est guère nouveau : le récit fourmille de références à Seven, Zodiac, Mindhunter, ... et on aurait bien vu la jeune Jodie Foster dans le rôle de Rachel comme dans le Silence des agneaux.– Vous êtes quoi, une chasseuse de psychopathes hors pair ?– C’est mon portrait tout craché, répondit Rachel. »
Pour autant ce n'est certainement pas avec ces Invisibles qu'il faudra faire la connaissance d'un R. J. Ellory qui nous a habitués à des intrigues plus denses, plus habitées, plus riches.
Pour celles et ceux qui aiment les serial-killer.
D’autres avis sur Bibliosurf et Babelio.
Livre lu grâce à NetGalley et aux éditions Sonatine (SP).
Ma chronique dans les revues Benzine, CulturAdvisor et ActuaLitté.



