[...] Les comptes de ses cibles.
Un récit de guerre inspiré par deux histoires vraies mais qui souffre beaucoup de l'ombre portée par le roman d'Olivier Norek (Les guerriers de l'hiver).
❤️❤️🤍🤍🤍Les auteurs, l'album (60 pages, février 2026) :
Au dessin, le basque Iñaki Holgado est un habitué des récits de guerre, comme la série Verdun par exemple.
Au scénario, le belge Kid Toussaint s'est inspiré de deux incroyables histoires.
Celle du japonais Hirō Onoda, ce fameux soldat nippon oublié sur une île des Philippines avec trois autres camarades et qui refusait de croire à la fin de la guerre : il ne fut retrouvé qu'en 1974, près de trente ans après la défaite japonaise.
L'autre récit historique est celui du sniper finlandais Simo Häyhä qu'Olivier Norek vient de rendre célèbre avec son livre Les guerriers de l'hiver, un de nos meilleurs bouquins de l'année 2024.
À partir de ces deux histoires vraies, les auteurs ont bâti un récit de fiction, conservant le surnom donné par les soviétiques au sniper finlandais : la Mort blanche, mais s'écartant librement de la biographique historique en le baptisant Riku.
Le canevas et les personnages :
Le petit Riku Virtnanen de cette BD a une enfance difficile, c'était le mal aimé de sa famille.
Mais en 1939 dans la petite Finlande, l'immense Armée Rouge arrive et l'hiver aussi. La mobilisation finlandaise est générale, ses frères sont rapidement tués et le courageux Riku reste seul sur le front à tendre des embuscades aux soviétiques.
Le soldat Riku s'aguerrit et devient un terrible sniper, du genre à mâcher de la neige pour ne pas trahir sa position par la vapeur de son souffle.
Les planches de la BD affichent le score de ses tirs au but : 6, 11, 27, 88, 200, ...
« Ses frères d'armes tiennent les comptes de ses cibles.Et on peut dire qu'il fait des dégâts.Les soviétiques l'ont surnommé "mort blanche".Ils ont mis sa tête à prix, et ont même formé un escadron pour l'arrêter. »
Étrangement, le décompte des morts avait commencé à ... 2.
Mais on ne reste pas indemne quand on accumule ainsi les cadavres sur ses traces, alors les saisons passent, les années bientôt et Riku est devenu Mort Blanche, un fantôme dans les forêts enneigées de Finlande, un fantôme hanté par ses cadavres et ses souvenirs ...
♥ On aime un peu :
➔ Après le formidable récit d'Olivier Norek, on ne peut qu'être déçu par cette BD qui ne prétend d'ailleurs pas en être une adaptation. Mais voilà, le bouquin de Norek, Les guerriers de l'hiver, nous a déjà fait découvrir l'histoire du sniper finlandais, nous a déjà enthousiasmés aux côtés de La Mort Blanche, nous a déjà frigorifiés pendant des heures d'attente en embuscade dans la neige et le froid, alors il ne reste plus beaucoup d'intérêt à suivre l'histoire de Riku, même si la fin du dernier soldat japonais vient prendre le relais dans la dernière partie de l'album.
➔ Un album qui ne fait qu'une soixantaine de pages et qui traite beaucoup trop rapidement et de la guerre contre les russes, et de la fin tragique d'un sniper hanté par ses fantômes.
➔ Un album qui ne fait qu'une soixantaine de pages et qui traite beaucoup trop rapidement et de la guerre contre les russes, et de la fin tragique d'un sniper hanté par ses fantômes.
Alors on se dit que le succès du roman de Norek est peut-être une formidable publicité pour cet album mais que c'est aussi un parrainage tragique qui fait beaucoup d'ombre à cette bande dessinée.
➔ Le dessin aurait pu sauver la mise mais on regrette que Iñaki Holgado ne soit pas plus lâché dans les paysages blancs de neige, pourtant réputés très graphiques : la mise en case est trop sage et les planches enneigées trop rares.
Pour celles et ceux qui aiment les forêts enneigées.
D’autres avis sur BD Gest, ActuaBD et Babelio.
Album lu grâce aux éditions Grand Angle (SP).
Ma chronique dans les revues Benzine, CulturAdvisor et ActuaLitté.




