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lundi 12 mai 2025

Falaise noire (Cristina Cassar Scalia)


[...] Un corps manquait toujours à l’appel.

Ambiance série télé pour cette enquête sicilienne au pied de l'Etna.
Un deuxième épisode des enquêtes de Vanina : une agréable série toujours aussi dépaysante et charmante.

❤️❤️❤️🤍🤍

L'auteure, le livre (384 pages, avril 2025, 2019 en VO) :

L'an passé, on avait beaucoup aimé découvrir cette auteure sicilienne : Cristina Cassar Scalia avec le premier épisode d'une série policière Sable noir et un personnage annoncé comme récurrent, la commissaire Giovanna Guarrasi dite Vanina pour les amis, de la brigade criminelle de Catane.
Un an après, les revoici toutes les deux, l'auteure et la commissaire, avec Falaise noire.
La traduction de l'italien est signée Nathalie Bouyssès.
Et pour info, ces polars ont été adaptés pour la télé italienne (Vanina - meurtres en Sicile).

Le canevas :

« Manfredi Monterreale, pédiatre de profession, était palermitain mais vivait à Catane depuis sept ans.
Santé Tammaro, était journaliste. Catanais jusqu’au bout des ongles, avec un sérieux penchant pour l’investigation. L’investigation pure et dure.
Sante avait publié quelques articles intéressants sur son journal en ligne La Cronaca. »
Lors d'une partie de pêche nocturne au lamparo, tous deux vont être témoins d'une curieuse affaire : deux hommes jettent une lourde valise depuis la falaise ...
Le lendemain, on apprend la disparition d'une jeune femme, avocate dans un cabinet à la réputation sulfureuse. Était-ce son cadavre dans la valise ? 
Voilà du travail pour la commissaire Giovanna Guarrasi et son équipe de la brigade criminelle de Catane. 
Pour les amis, c'est Vanina. Mais les médias la voient plutôt comme « une sorte de shérif à la sauce sicilienne », après ses années dans l'anti-mafia. 
Installée depuis quelques années à Catane, Vanina traîne toujours « son passé. Palerme. Son père, le lieutenant Giovanni Guarrasi, abattu vingt-cinq ans plus tôt sous ses yeux par un commando de Cosa Nostra ».

♥ On aime :

➔ On retrouve l'ambiance sympathique de ces séries télé où le lecteur tente de se faire tout petit dans les couloirs du commissariat, dans les coulisses de l'enquête, essayant de s'intégrer discrètement à l'équipe de la commissaire Vanina Guarrasi. Voilà plusieurs personnages bien dessinés (flics, juges, médecin légiste, amis et famille, ...) qui confirment que l'on tient là une bonne série policière.
➔ De sa prose tranquille, ironique et efficace, Cristina Cassar Scalia dissèque tout son petit monde catanais avec beaucoup d'acuité. C'est pas de la grande littérature noire (et ça n'y prétend pas), mais c'est dépaysant, intéressant et plein de charme.
Cristina Scalia parsème toujours son récit de spécialités culinaires et de références cinéma : la Sicile est une île où il fait bon vivre ! 
Voilà un roman policier au dosage bien équilibré qui devrait plaire au plus grand nombre : des personnages savoureux et attachants du petit monde sicilien, un récit soigné et dynamique, teinté d'humour et d'autodérision, ... 
➔ Côté intrigue policière on est sur du solide, tout comme dans le premier épisode. L'ombre de la mafia est un peu moins présente mais l'auteure ne manque pas, une fois de plus, de bien ancrer son histoire dans le passé. 
« [...] — Non, commissaire ! Ne me dites pas que vous avez un doute !
Si Vanina Guarrasi avait un doute, ça voulait dire que, tôt ou tard, tout serait remis en question. Macchia, qui s’apprêtait à entrer, se figea sur le seuil.
— Comment ça, tu as un doute ? lança-t-il, inquiet. »
L'auteure sème également quelques indices en cours de route qui vont permettre au lecteur attentif de devancer les enquêteurs de quelques pages !
Le titre original de la VO est : La logica della lampara.
« [...] — C’est comme la pêche au lamparo, décréta -t-il.
— La pêche au lamparo a sa propre logique. On allume la lampe, on ne fait pas de bruit, on bouge le moins possible et, pendant ce temps, on arme les filets. Tôt ou tard, même les poissons les mieux planqués finissent par remonter à la surface. Et à partir de là, ils ne peuvent plus s’échapper. »

La curiosité du jour :

Dans cet épisode, le lecteur découvrira quelques spécialités culinaires dont une que la mafia ne prépare pas en cuisine : les pizzini, les petits bouts de papier avec des messages codés, utilisés par les mafieux mais avec un niveau de cryptage digne de la cour d'école. Cela pourrait être savoureux et amusant, s'il ne s'agissait pas du crime organisé.

Pour celles et ceux qui aiment la Sicile.
D’autres avis sur Bibliosurf et Babelio.
Livre lu grâce aux éditions de L'Archipel (SP).
Ma chronique dans les revues Benzine et ActuaLitté.  

jeudi 28 mars 2024

Sable noir (Cristina Cassar Scalia)


[...] Le cadavre était celui de la prostituée la plus célèbre de Catane.

L'auteure, le livre (400 pages, mars 2024, 2018 en VO) :

Après avoir été ... ophtalmologiste (!) l'italienne Cristina Cassar Scalia est l'auteure d'une série policière avec la commissaire Giovanna Guarrasi dite Vanina pour les intimes, de la brigade criminelle de Catane en Sicile. Une série télé en a été adaptée.
Sable noir est le premier épisode de ce qui s'annonce comme une très bonne série.

♥ On aime beaucoup :

• On aime bien ces intrigues de série télé où le lecteur tente de se faire tout petit dans les couloirs du commissariat, dans les coulisses de l'enquête, essayant de s'intégrer discrètement à l'équipe de la commissaire Vanina Guarrasi. On tient là plusieurs personnages bien dessinés qui nous promettent une belle série policière.
• De sa prose tranquille, ironique et efficace, Cristina Cassar Scalia dissèque tout son petit monde catanais avec d'autant plus d'acuité que l'intrigue remonte aux années 50 ou 60, à une époque où les maisons closes n'avaient pas encore été fermées et où la mafia était encore toute puissante.
• Voilà un policier au dosage fort bien équilibré qui devrait plaire au plus grand nombre : des personnages savoureux et attachants du petit monde sicilien, un récit soigné et dynamique, teinté d'humour et d'autodérision, une intrigue solide qui fouille de manière passionnante dans le passé de l'île, quelques révélations au moment du dénouement, ... 

Le pitch :

Alors que l'Etna (la Muntagna) est une fois de plus en éruption, faisant pleuvoir son sable noir sur Catane et les alentours, voici que l'on découvre par hasard, dans une vieille demeure presque inhabitée, le cadavre d'une femme quasi momifiée dans un placard discret, sans doute enfermée là depuis les années 50 ou 60. 
La commissaire Vanina Guarrasi et son équipe mènent l'enquête.
[...] Quelque chose rendait la découverte de ce cadavre plus intéressante que tous les meurtres dont elle s’était occupée ces derniers temps. C’était peut-être le cadre « sinistre », comme avait dit Adriano, digne d’un film d’horreur.
[...] Le brouillard autour de cette affaire s’épaississait mot après mot, comme la tempête de sable volcanique qui s’abattait sur la ville et ne semblait pas près de finir.
[...] Son instinct lui dirait si le cadavre était celui de la prostituée la plus célèbre de Catane dans l’après-guerre.
[...] Quelque chose ne cadrait pas dans cette histoire, ça faisait plus de cinquante ans qu’il le sentait.
La découverte du cadavre de cette femme va conduire à interroger quelques vieillards, témoins rescapés de cette belle époque et à reconsidérer un autre meurtre qui avait déjà eu lieu dans ces lieux et dont le dossier avait été clos un peu trop rapidement : c'est devenu "l’affaire du double meurtre à la villa Burrano".

Pour celles et ceux qui aiment la Sicile et les pâtisseries.
D’autres avis sur Babelio et Bibliosurf.
Livre lu grâce à NetGalley et aux éditions de L'Archipel.
Mon billet dans 20 Minutes.