vendredi 19 janvier 2007

BD : La légende des nuées écarlates (1)

La catégorie BD 2007 commence très très fort avec La légende des nuées écarlates, une superbe japonaiserie de l'italien Saverio Tenuta.
Le tome 1, sorti en octobre 2006 chez les Humanoïdes, est déjà épuisé et il faut courir les librairies ou le web pour le dénicher.
Succès mérité.
Les dessins (les peintures, devrait-on dire) sont absolument splendides et plutôt qu'un long discours, voici deux planches extraites pour vous ici et qui rappellent bien entendu estampes et calligraphies japonaises. Trop beau !
D'autres planches sont également visibles sur le site des Humanoïdes (derrière l'imagette à gauche).
Le scénario semble prometteur et devrait se montrer à la hauteur des dessins puisque, après seulement ces quelques pages du volume 1, se met en place toute une alchimie complexe entre passé et présent.
L'histoire commence dans le Japon médiéval par un théâtre de bunraku puis la jeune marionnettiste doit prendre rapidement la fuite avec un ronin manchot et amnésique, en proie à des voix intérieures.
Le côté fantastique offre une belle toile de fond mais reste suffisamment discret pour ne pas étouffer l'histoire et les personnages qui vont peu à peu retrouver leur passé et ainsi nouer l'intrigue.
Ce premier album plante le décor (magnifique) et les personnages (complexes).
On attend avec impatience la suite dont on reparlera dès la sortie du volume 2, c'est promis !
Les nuées écarlates en question sont les sabres du ronin.
Une autre critique ici.

dimanche 14 janvier 2007

BD : Bételgeuse


Après avoir arpenté les rivages d'Aldébaran, nous venons de parcourir les canyons de Bételgeuse, le second cycle de la BD du brésilien Léo, pour y suivre la jeune Kim à la recherche de la mystérieuse Mantrisse.
On y a retrouvé le charme naïf et le dessin très clair que nous avions déjà appréciés dans Aldebaran.
Le scénario est même plus soutenu que celui de la première série, avec une action plus dynamique et bien sûr plein de révélations sur ces mondes nouveaux, ces colonies lointaines, leurs grosses bêtes et leur écologie.
On attend même avec impatience le prochain cycle, Antarès, qui devrait paraitre prochainement.

samedi 6 janvier 2007

La Vénus anatomique (Xavier Mauméjan)

Parution en Poche de la Vénus anatomique de Xavier Mauméjean.
Un conte philosophique étrange, écrit sous la forme des mémoires d'un savant du XVIII° siècle, qui rappelle le style steampunk.
Au fil de cette curieuse balade pleine d'esprit, on a toutes les occasions de s'instruire en croisant Diderot, Vaucanson et son canard qui crotte (sic, c'est historique), le chevalier d'Eon, Casanova, Louis XV, sa Pompadour, et bien d'autres encore.
Une équipe de savants est chargée de créer un androïde dans une sorte de concours des Lumières.
Mais l'Europe est à la veille de grands bouleversements : les Lumières vacillent, tremblotent et ont encore bien du mal à percer les ténèbres.
On est un peu à la croisée des chemins entre la SF de Jules Verne, les mousquetaires de Dumas (la première partie du bouquin à Paris), le docteur Frankenstein de Mary Shelley et les contes philosophiques de Wells ou Orwell (la seconde partie, dans un Berlin très sombre).
On reviendra bientôt sur cette période avec une autre uchronie.
[...] - Les machines naturelles sont supérieures aux mécaniques artificielles. Et vos habiles reproductions n'y pourront rien changer. 
- Je ne vois pas en quoi réside la supériorité. 
- Prenez une horloge. Si vous la démontez jusqu'à parvenir aux éléments simples, rouages et ressorts, elle n'est plus machine. Tandis qu'un être vivant est en tout point mécanique. Jusqu'aux animalcules observables dans le sang ou la liqueur spermatique qui sont comme des automates naturels. Toute créature dotée de la vie est un assemblage de corps fabriqués. 
- Que la mort disperse. 
- Vos fabrications se détraquent. 
- Je puis les réparer. 
- Un être humain peut se soigner, ou faire appel à son semblable. N'oubliez pas que je suis médecin. Et le vivant engendre le vivant. Lorsque vos poupées ou une simple montre auront des petits, prévenez-moi.

mardi 2 janvier 2007

L'élégance du hérisson (Muriel Barbery)

Que ceux qui abhorrent la branchitude post-moderne des intellectuels parisiens poussent leur souris plus loin sur la toile !
Mais que les autres prennent la peine de dépasser l'agacement qui nait à la lecture des petites phrases assassines et des effets de style de Muriel Barbery pour découvrir derrière l'élégance du hérisson quelques moments de pure poésie.
Après avoir beaucoup appris sur la phénoménologie de Husserl ou la pensée théologique de Guillaume d'Ockham.
Car dans ce petit roman qui met en scène une ado surdouée et suicidaire et une concierge amoureuse de la grammaire, il faudra attendre à mi-parcours l'arrivée d'un étrange japonais et la rencontre des deux héroïnes pour vraiment goûter à l'élégance du hérisson.
La patience sera finalement récompensée : une auteure qui, au chapitre 8, déclare aimer Mankell et Connelly, ne peut pas être foncièrement mauvaise !
L'ado : Le seul intérêt des chats, c'est qu'ils constituent des objets décoratifs mouvants, un concept que je trouve intellectuellement intéressant, mais les nôtres ont le ventre qui pend trop pour que ça s'applique à eux.
La concierge : il décrivait un titulaire de l'agrégation de lettres classiques qui eût autrefois écouté du Bach, lu du Mauriac et regardé des films d'art et essai, et qui, aujourd'hui, écoute Haendel et MC Solaar, lit Flaubert et John le Carré, s'en va voir Visconti et le dernier Die Hard et mange des hamburgers à midi et des sashimis le soir.
Pour finir : C'est peut-être ça être vivant : traquer des instants qui meurent.

lundi 1 janvier 2007

Best-of 2007

Comme l'an passé, notre blog sacrifie à la tradition du «best-of» de l'année.
Pour les plus pressés d'entre nous, c'est aussi l'assurance de ne pas louper ce qu'on pourrait appeler «les coups de coeur de nos coups de coeur».
Même s'il est toujours difficile de faire un choix parmi les meilleurs,  car le tri a déjà été fait une première fois avant d'arriver sur le blog  ...


  • Dans la catégorie bouquins, Soie d'Alessandro Baricco fait l'unanimité chez nous comme ailleurs. Même ovation tous ensemble pour 84, Charing Cross Road de l'américaine Hélène Hanff. Mais il nous a été impossible de choisir pour la troisième place. MAM voulait distinguer Là-bas de Peter Cameron, BMR ne voulait pas que Brady Udall et Lâchons les chiens se retrouve out à la quatrième place. Mais vous pourrez retrouver tous les autres candidats nomminés dans le best-of bouquins.
Voilà, c'est dit, c'est fait, vive 2008 !

Et pour ceux qui auraient raté le best-of 2006 : c'est
!

Best-of 2006

La période est propice aux rétrospectives et best-of de toutes sortes et notre blog, pour rester branché, doit certainement sacrifier à cette tradition.
Pour les plus pressés d'entre nous, c'est aussi l'assurance de ne pas louper ce qu'on pourrait appeler "les coups de coeur de nos coups de coeur".
Même s'il est toujours difficile de faire un choix parmi les meilleurs, car tous les films qu'on a vus, tous les bouquins ou BD qu'on a lus, toutes les musiques qu'on a écoutées, n'ont pas tous eu droit aux honneurs de ce blog et le tri a déjà été fait une première fois ...


  • Dans la catégorie bouquins, Le vieux jardin du coréen Hwang Sok-Yong et Terre des oublis de la vietnamienne Duong Thu Huong se partagent le podium avec la relecture des romans de l'américain Thomas Savage.
Ouf, c'est dit, c'est fait, vive 2007 !

vendredi 15 décembre 2006

Terre des oublis (Duong Thu Huong)

Dernier roman de la vietnamienne Duong Thu Huong : Terre des oublis, qui avait été repéré dans la sélection "étranger" du prix Femina (voir aussi Wikipédia).
Ce gros pavé (qui se lit facilement, l'écriture sait rester simple) nous a emporté loin là-bas grâce à la puissance de ses évocations : bruits, odeurs, couleurs, saveurs, ... on découvre tous les détails pittoresques de la vie quotidienne des villages de ce Viêt Nam de l'immédiat après-guerre.
Comme dans la plupart des romans asiatiques on y parle beaucoup de nourritures et porté par toutes ces images savoureuses, on dévore le bouquin comme un polar.
L'histoire est celle d'amours tragiques (vers la fin du livre, les réunions du village formeront même une sorte de choeur antique) : un soldat rentre au bercail longtemps après avoir été donné pour mort. Sa femme (mais ils ne restèrent mariés que quelques mois juste avant la mobilisation) a depuis refait sa vie et file le parfait amour avec un autre homme.
La morale (qui est aussi sa morale) lui commandera de retourner vivre avec ce premier mari qu'elle avait oublié.
Les destinées de ces trois personnages (que l'on découvre tour à tour, dans toute leur complexité, grâce à d'amples flashbacks) basculent alors dans un enfer impossible dont on a hâte de découvrir l'issue, car comme le répète plusieurs fois le sergent : "dans la guerre, c'est le plus endurant, le plus obstiné qui gagne, dans la vie il en va de même car la vie est un combat." ...
[...] On dit que les femmes des régions de pêche sont particulièrement sensuelles parce qu'elles mangent plus de poisson que de riz. 
[...] En temps de guerre, le mariage ressemblait à l'accomplissement d'un devoir ou à un cadeau que les villageois offraient aux jeunes gens avant leur départ à la guerre. 
[...] Sa femme devient plus tendre que jamais, non pas de la tendresse d'une femme paisiblement installée dans son bonheur, mais de la tendresse désespérée, démente de celle qui sera bientôt chassée du paradis et qui le sait. 
[...] Quand on quitte la vie ce sont les membres qui refroidissent d'abord. Après viennent le ventre, la poitrine et la tête. Chez les hommes aimants, le coeur refroidit en dernier. Chez les hommes intelligents, la tête conserve les dernières chaleurs.
Enfin, je ne peux résister à l'envie de citer l'un des nombreux proverbes qui émaillent le récit (à prendre au second degré, mesdames) : Ah ces femmes ! Incapables de pisser plus haut que l'herbe, de penser plus loin que leurs cheveux (mais chacun sait que les vietnamiennes ont les cheveux très longs).

D'autres en parlent sur Agora.

jeudi 30 novembre 2006

L'homme qui marchait ... (Philippe Pollet-Villard)

En marge des prix littéraires de la rentrée, voici un "premier roman" qui était recommandé par de nombreux blogs et certains magazines.
L'homme qui marchait avec une balle dans la tête, de Philippe Pollet-Villard, nous raconte l'errance d'un petit braqueur de seconde zone, depuis son enfance d'immigré italien dans le XIII° à Paris, jusqu'à sa sortie de prison.
Une douce histoire, même si l'on y vole beaucoup et tue un peu, pleine de poésie loufoque, à l'image de cet homme qui finira par aller avec une balle dans la tête. Les effets de style sont parfois un peu trop appuyés (notamment dans la seconde partie du livre) mais voilà quand même un roman prometteur ...
[...] Elle aimait prononcer ce mot-là : fille de joie, et je ne crois pas qu'elle mettait une fonction particulière derrière ce terme, c'était juste l'image d'une fille légère, joyeuse. Ca devait exister quelque part, une sorte de femme qui lève ses jupons en chantant. C'était la poésie de Toulouse-Lautrec et le gangster idéal devait être pour elle, ma mère, une sorte d'Aristide Bruant, un homme toujours pressé avec un grand chapeau et une écharpe rouge nouée autour du cou.
[...] Tout ce qui coûtait cher nous intéressait. Il fallait consumer cet argent, lui faire payer violemment, le pulvériser, parce que le moment qui nous plaisait le plus était justement celui où nous sentions que l'argent viendrait à manquer. Nous aimions ça comme le bord d'une falaise.

vendredi 24 novembre 2006

La joueuse de go (Shan Sa)

La joueuse de go est un court roman qui prend pour toile de fond l'invasion de la Chine (de la Mandchourie pour être précis) par les japonais à la veille de la seconde guerre mondiale.
Les chapitres font alterner les deux "joueurs" : une jeune lycéenne chinoise, championne de go, qui découvre l'amour, et un officier japonais empêtré dans son honneur militaire.
Les deux protagonistes finiront par s'opposer au fil des jours tout au long d'une partie de go sur la place du village. Au-delà de ces deux personnages, c'est aussi deux cultures qui s'opposent : celle du Japon moderne et conquérant et celle de la Chine traditionnelle.
Une écriture très accessible (Shan Sa est une chinoise exilée en France qui écrit en français) pour découvrir nos "voisins" de l'extrême-orient.

Voir aussi La porte de la paix céleste, lecture suivante.

samedi 18 novembre 2006

La femme de Bratislava (Leif Davidsen)

Nous continuons notre exploration de la littérature nordique après les polars polaires dont nous avions déjà parlé avec Mankell ou d'autres et reparlé avec Indridason. Cette fois, nous vous proposons un petit tour du côté du Danemark avec Leif Davidsen et un roman qui s'apparente plus à l'espionnage qu'au polar proprement dit : La femme de Bratislava.
On y apprend beaucoup beaucoup de choses : tout d'abord sur nos voisins danois et leur mode de vie qui nous rappelle bien souvent le notre. Sur leur histoire récente également, notamment pendant les années sombres de la dernière guerre et la collaboration avec les nazis (tiens, là aussi, cela nous rappelle quelque chose).
Et puis sur la guerre froide avec les pays de l'est (le roman nous promène en Pologne, en Tchéquie et bien sûr à Bratislava en Slovaquie).
Et pour finir sur la guerre toute récente des Balkans en future-ex-Yougoslavie (Kosovo, Albanie) : les danois furent en effet partie prenante des forces de l'OTAN.
Et apparemment, ce n'est pas l'épisode dont Leif Davidsen est le plus fier.
Un roman qui est donc aussi une leçon d'histoire et de géopolitique.
Un roman d'espionnage on l'a dit, mais aussi une histoire de famille, vue à travers les 3 personnages principaux : le héros (universitaire ex-gauchiste), sa sœur (activiste et féministe) accusée d'intelligence avec l'ennemi et enfin le policier de service qui tentera d'éclaircir quelques mystères.

vendredi 10 novembre 2006

Les miscellanées de Mr. Schott (Ben Schott)

En cette période où l'on nous rebat les yeux et les oreilles de prix qu'on court, ne manquez pas cet étrange ovni qui vient d'atterrir sur les étagères des librairies : Les Miscellanées de Mr. Schott, un petit bouquin qui bénéficie d'une pertinente traduction et d'une mise en page délicieusement rétro !
Le livre qui s'avère immédiatement tout à fait indispensable et absolument inutile : si on devait n'emporter qu'un seul bouquin sur notre île déserte, ce serait sûrement celui-ci !
Un petit livre rouge à laisser en évidence sur la table du salon (comme une boîte de toffees anglais) pour y picorer un peu de poésie au gré de nos humeurs, puisqu'il est fait, comme le dit son auteur, de "petits riens essentiels", "amusettes insignifiantes et futiles".
C'est également un remède efficace : deux ou trois pages le matin au réveil, deux ou trois listes le soir au coucher, et voici votre santé mentale assurée grâce au mélange du bon docteur Schott.
On y découvre ou redécouvre au hasard (pour l'oublier aussitôt) :
  • les 3 rois mages et leurs cadeaux, les 4 cavaliers de l'Apocalypse, les 5 prénoms du club des cinq, les 6 femmes d'Henri VIII, les 7 merveilles du monde antique, les 8 voyages de Gulliver, les 9 muses, les 10 plaies d'Egypte, les 11 pays membres de l'OPEP,  les 12 travaux d'Hercule, ...
  • les échelles de Scoville, Mohs, Glasgow, Fujita-Pearson, Beaufort, Richter, Mercalli, Turin, ...
  • les présidents des US, les maris de Liz Taylor, les films de James Bond avec les James Bond Girls et les voitures de 007 (bref, la quintessence de la culture occidentale), les différents types de sushis, les degrés de la franc-maçonnerie, les décimales de Pi, les pays où l'on roule à gauche, les gagnants de l'Eurovision, ...
  • On y apprend ce que sont : un éthylabélophile, un vaticide, un réhoboam, un triskaïdékaphobe, un kakistocrate, un myriagone, un yottamètre, un colombier belge, une roquille, un vol de nuit, ...
Les plus branchés pourront poursuivre sur la liste des listes de Wikipédia.

Dans le même ordre d'idée, on pourra lire La liste des listes de Sébastien Ripari (publié chez Alternatives). Les énumérations de Ripari n'atteignent cependant pas la poésie du fourre-tout de Mr. Schott et le résultat est en fait un livre ... plus utile, et partant ... moins indispensable !
On y découvre (par exemple) les 7 archanges, les 7 collines de Rome, les 7 mercenaires, les 7 merveilles du monde (encore !), les 7 nains de Blanche-Neige, les 7 péchés capitaux, les 7 poêtes de la Pléïade, les 7 sommets des 7 continents, etc ...
Et plus loin (puisque l'ouvrage est numériquement ordonné) : les 12 mois du calendrier républicain, les 12 apôtres, les 12 tribus d'Israël, etc ...

vendredi 3 novembre 2006

Pars vite et reviens tard (Fred Vargas)

La sortie prochaine au cinéma (janvier 2007) de Pars vite et reviens tard vient d'être l'occasion de relire le polar éponyme de Fred Vargas.
Le style un peu appuyé de la dame et les effets parfois un peu forcés peuvent agacer mais à petite dose, un polar de temps en temps ne se refuse pas. Et celui-ci est sans doute l'un des meilleurs.
Le commissaire Adamsberg (qui sera incarné à l'écran par José Garcia), personnage récurrent des polars de Fred Vargas, vaut assurément le détour par Paris puisque c'est dans ce grand village que se déroulent la plupart de ses enquêtes. Pars vite et reviens tard se situe plus précisément au cœur de "notre" quartier et nous entraîne sur les traces des anciennes épidémies de peste.
- Tu sais Camille, que le jour où Dieu créa Adamsberg, Il avait passé une fort mauvaise nuit.
- Ah non, dit Camille en levant les yeux, je ne savais pas.
- Si. Et non seulement Il avait mal dormi, mais Il se trouvait à court de matériel. Si bien que, comme un étourdi, Il alla frappé chez son Collègue pour lui emprunter quelque attirail.
- Tu veux dire ... le Collègue d'en-bas ?
- Evidemment. Ce dernier se jeta sur l'aubaine et s'empressa de lui procurer des fournitures. Et Dieu, hébété par sa nuit blanche, mélangea le tout inconsidérément. De cette pâte, Il tira Adamsberg. Ce fut vraiment un jour pas ordinaire.
- Je n'étais pas au courant.
- Ca traîne dans tous les bons livres, dit Danglard en souriant.
[...]
Dès son réveil et sans bouger de son lit, son premier regard fut pour sa fenêtre. Il pleuvait. Adamsberg replia ses bras sur ses yeux et se conforta dans son intention de ne pas foutre un pied à la Brigade.

Pour suivre : le film Pars vite et reviens tard avec José Garcia.

vendredi 27 octobre 2006

BD : Tramp

On aime beaucoup Tramp, une excellente BD d'aventures avec un agréable dessin "à l'ancienne" (on songe un peu à Tardi mais en plus clair et plus lisible).
Un polar au scénario bien construit qui fourmille d'informations et qui nous plonge dans le milieu des affaires de la marine marchande dans les années 50 après-guerre : un "tramp", c'est un cargo qui cabote de port en port à la recherche d'une cargaison.
Au gré des escales et des albums, les aventures du héros vont ici de magouille en arnaque.
Les volumes 1 à 4 s'appuient sur une excellente intrigue d'escroquerie à l'assurance aux multiples péripéties. Les tomes 5 et 6 marquent un peu le pas malgré des voyages instructifs en Afrique et la série redémarre en Indochine avec le volume 7 (le 8 est à suivre ...).
Comme d'habitude, une planche de la BD à découvrir derrière l'image et un site qui présente un résumé et d'autres planches encore.

dimanche 1 octobre 2006

BD : Alpha

Des histoires d'espionnage avec Alpha, un agent de la CIA qui enquête dans les coulisses du pouvoir : agents doubles ou triples et taupes en tout genre ... apparemment la guerre froide n'est pas finie même si le mur de Berlin n'est plus là.
Les trois premiers tomes racontent une même histoire de Paris à Moscou : du trafic de roubles en dollars, sorte de thriller politico-économique. Tout au long de ces trois albums, les personnages et le scénario ont le temps de s'installer.
Les tomes suivants relatent d'autres épisodes presque indépendants, avec des scénarios plus classiques (mais ça reste toujours très bon).
Une planche de la BD derrière l'image à gauche.

La femme en vert (Arnaldur Indridason)

On avait déjà cité Arnaldur Indridason parmi les auteurs de polars venus du froid scandinave.  traduction de l'islandais : un polar, un roman plutôt, rude et sombre (il y est beaucoup question de violence familiale) comme les paysages d'Islande.
Une histoire oppressante qui fait resurgir les fantômes du passé des uns et des autres. Et La femme en vert, confirme qu'Indridason est bien digne du meilleur Henning Mankell (celui des débuts).
D'ailleurs c'est sans doute un signe, l'inspecteur Erlendur d'A. Indridason et le Wallander de H. Mankell partage tous les deux un divorce ainsi que des relations difficiles et conflictuelles avec leur propre fille !
- J'avais juste envie de te voir, interrompit-elle. J'avais juste une putain d'envie de voir de quoi tu avais l'air.
- Et alors, j'ai l'air de quoi ? demanda-t-il.
Elle le fixa du regard.
- D'un pauvre type, répondit-elle.
- Bon alors, nous ne sommes pas très différents l'un de l'autre, rétorqua-t-il.
Elle le dévisagea un bon moment et il eut l'impression qu'elle souriait.

Pour suivre : la voix, du même auteur.