lundi 28 août 2006

BD : Aldebaran


Encore une BD de science-fiction chez Dargaud avec le cycle d'Aldebaran du brésilien Léo qui signe les dessins et le scénario.
Une BD à l'atmosphère indéfinissable, faite d'un peu de naïveté : au fil des pages les ados comme les adultes se laissent prendre au charme de l'histoire et des personnages perdus sur leur lointaine planète.
A tel point que nous allons embarquer pour le second cycle avec la saison qui s'intitule Bételgeuse (à suivre donc ...).

Depuis, la suite avec Bételgeuse.


mardi 25 juillet 2006

BD : Le chant des Stryges

Cet été sera donc placé sous le signe de la BD.
Depuis quelques jours et sur les conseils de Jean-Marie, on dévore, lit et relit la série du Chant des Stryges (édition Delcourt, dessins Guerineau, scénario Corbeyran).
Dès le troisième tome, une fois tous les acteurs mis en scène, le suspense ne nous lâche plus ... Au fil des retournements de situation, nos héros (dont la belle Debrah qui apparaissait mystérieusement sur notre blog depuis quelques jours) traquent les créatures malfaisantes en évitant les méandres des multiples complots ...
Il ne s'agit pas véritablement de science-fiction (on est en 1997) et les rebondissements de la longue série des albums (le n° 10 paraitra en septembre) brouillent les pistes pour notre plus grand plaisir : expériences de l'armée, extra-terrestres, sorcellerie, manipulations génétiques, ... ?
Le dessin clair et agréable (on vous a préparé une planche extraite, derrière l'image de l'album à gauche) reste au service du scénario d'un véritable thriller et le côté vampirique et fantastique des Stryges sait se faire discret au bénéfice d'un suspense plus réaliste et très prenant.
Sur Wikipédia, plus d'infos sur les véritables stryges, celles de la mythologie.

mardi 18 juillet 2006

Thomas Savage

L'ouest sauvage de Savage.

La sortie du dernier roman de Thomas Savage Rue du Pacifique, chez Belfond, est l'occasion de lire ou relire les deux précédents parus chez 10/18 : La Reine de l'Idaho et Le Pouvoir du Chien.
Thomas Savage y dépeint , avec un style et une écriture très évocateurs et avec une fausse simplicité déconcertante, des familles animées par la force et la passion des sentiments non dits. Avec en toile de fond le décor de l'enfance de T. Savage : les paysages des Rocheuses de l'ouest américain et l'histoire récente des US.
Avec La Reine de l'Idaho, son roman le plus accessible, on aura du mal à décrocher de l'histoire de toute une famille, une véritable saga avec une galerie de savoureux portraits à travers plusieurs générations.
Le drame raconté par Le pouvoir du chien est plus âpre et plus dur. La tension croît lentement mais inexorablement jusqu'au dénouement et laissera longtemps son empreinte : c'est sans aucun doute son roman le plus fort, c'est aussi son premier succès.
Son dernier roman, Rue du Pacifique, s'avère moins prenant mais c'est celui qui décrit avec le plus de détails savoureux et d'anecdotes les thèmes récurrents des romans de T. Savage : le cheminement des Etats-Unis vers la modernité depuis le far-west, la ruée vers l'or et l'expropriation des indiens jusqu'à la récession de 1929 en passant par l'arrivée de la pub, du train, de l'automobile, de la radio et ... de la première guerre.

"Ma femme lisait. Elle lit sans arrêt. Elle avait lu Guerre et Paix après son accouchement de notre premier garçon, car à cette époque on gardait les femmes au lit pendant dix jours ; elle avait recommencé après l'accouchement de notre deuxième, mais déjà les hôpitaux estimaient qu'il était absurde d'être alité aussi longtemps. Au moment de la naissance de notre fille, les hôpitaux avaient tellement réduit la période de repos que ma femme eut à peine le temps de finir La Maison d'Apre-Vent de Dickens."

"Phil eut un instant envie de se lever et de féliciter George de ne pas l'avoir déçu, d'être bien comme il l'avait espéré, comme il l'avait cru, comme il avait su qu'il était. Mais évidemment il ne l'avait pas fait, parce qu'il n'y avait jamais eu de sentiment exprimé entre eux par des mots et qu'il n'y en aurait jamais. Leur relation n'était pas fondée sur la parole. Phil n'avait encore jamais connu qui que ce soit qui puisse se permettre de trop parler sans être un pauvre imbécile."
"[...] Il s'interrompit et la regarda.
- Est-ce que je parle trop ?
- J'adore t'entendre parler.
- Je ne voudrais pas prendre l'habitude de trop parler, tu sais.
"

"[...] Elle était certaine qu'il n'avait pas révélé à George qu'elle buvait, et elle sentait que Phil savait que le non-dit est plus fort que la chose dite. Car elle l'avait surpris en train d'observer avec une patience curieuse, comme un chasseur à l'approche."

"Quand il observait la rue depuis le premier étage de l'hôtel Shenon House, il avait un privilège dont il ne se doutait pas, celui d'assister à un spectacle qui ne se reproduirait jamais plus ailleurs qu'au cinéma : il voyait une rue où le nombre d'automobiles était pratiquement le même que celui des chevaux."

mercredi 12 juillet 2006

Murakami Ryû

Japonaiseries.

Encore des japoniaiseries avec Murakami Ryû (à ne pas confondre avec son homonyme Murakami Haruki qui fait l'objet d'une critique dans le Télérama de ce 15/7 - à lire également mais plus difficile d'accès, on en reparlera sans doute).
De Ryû donc, on a lu avec plaisir Kyoko, une sorte de road movie d'une japonaise aux US, un roman hanté par le sida.
Ainsi que Raffles Hotel (l'hôtel de Singapour qui hébergea récemment la délégation parisienne pour la sélection des JO mais cela n'a rien à voir avec le livre !). Murakami Ryû excelle dans l'art de raconter une même histoire vue au travers des différents prismes de chacun des acteurs.

"Ce qui est déterminant dans la préparation d'un bon cocktail, c'est l'espace entre l'alcool et la glace. Du point de vue de la physique c'est impossible de laisser un espace. Ce qu'il faut pour agiter le mélange et faire que l'alcool et la glace se séparent, c'est une sorte de méchanceté. Si on a l'esprit mou et aqueux, on ne peut faire que des cocktails aqueux."

"Dans les moments importants de la vie, j'ai pour habitude de préparer une petite conclusion adaptée à la situation."

"Elle a souri d'un air heureux. Pourtant elle ne savait pas encore qu'elle était en route vers le futur. Elle ignorait que le futur, c'est perdre ce qu'on a maintenant, et voir naître quelque chose que l'on n'a pas encore."

"Il n'y a que deux sortes d'hommes : ceux qui se sentent plus forts quand ils ont tué un ennemi sur le champ de bataille et ceux qui se sentent plus forts quand ils en reviennent vivants et peuvent boire une bière."

"J'ai décidé de me comporter pendant un certain temps comme une collégienne de province qui en fait de sac ne connait que les marques Vuitton et Loebe. C'était l'attitude la plus commode."

"Pour apprendre à bondir de plus en plus haut, les ninjas sautent au-dessus d'un arbre qui pousse de quelques centimètres par jour. Leur capacité à bondir augmente mais la taille de l'arbre aussi."

BD : Tokyo est mon jardin

Encore une BD originale : une histoire d'amour dans Tokyo au quotidien.
Frédéric Boilet, un français expatrié au Japon, est l'auteur de Tokyo est mon jardin chez Casterman (entre autres albums).
Dans un style qui reste très accessible même s'il est proche des mangas, teinté d'un érotisme très léger, il met en images des histoires du Japon (et des japonaises !) de tous les jours. Mieux qu'un guide de voyage.
Une planche derrière l'image à gauche et d'autres infos sur Wikipédia.

Pour suivre : l'adaptation de quartier lointain.

mardi 20 juin 2006

BD : Berceuse assassine


Il est rare qu'on parle de BD, alors c'est que celle-ci doit valoir le coup : Berceuse Assassine (scénario de Philippe Vandevelde alias Philippe Tome, dessins de Ralph Meyer, chez Dargaud).
Cet excellent polar paru en 1997 comprend  3 tomes qu'il faut lire ou relire intégralement puisque basés sur le principe "une histoire peut en cacher une autre" : chaque volume raconte (presque !) la même histoire vue par une personne différente. Si vous voulez en savoir plus sur le scénario (mais ce serait dommage de déflorer le sujet et de gâcher l'effet de surprise) quelques sites : ici et .
... Si je me souviens, c'est cette nuit-là que j'ai décidé de tuer Martha.Juste après avoir quitté Arthur au Café Caliente...
Cliquer sur l'image pour avoir un aperçu du dessin qui rappelle Sin City (même si l'on passe ici du rouge au jaune !).

vendredi 2 juin 2006

Donald Westlake

Sous le pseudonyme de Richard Stark, Donald Westlake a signé là une série de polars "vite lus, bien lus", idéale pour les plages de l'été !
Chez Rivages Noir, Comeback, Backflash, Flashfire (notre préféré) et Firebreak quatre polars sur le thème du "coup du siècle", à chaque fois conduit avec la désinvolture qui sied à l'humour pince sans rire de Donald Westlake et de son héros cynique : Parker. Sans prétention mais efficace.
Quelques balles pas perdues pour tout le monde :

Elle se leva et regarda l'océan.
"Ils vont vraiment faire ça à votre avis ? Venir par la mer ?"
"C'est leur style."
"Comme James Bond ?"
"Plutôt comme Les Dents de la Mer."
...
Le type mit le contact. "Eh oui mon vieux, dit-il alors que le moteur démarrait, tout le monde est mort. Il y a juste des gens qui ne le savent pas encore".
...
Leslie dit : "Je me demande ce que vous avez l'intention de faire demain."
"Tuer des gens", répondit-il à voix basse.
...
L'autre croisa ses deux mains sur son ventre à l'endroit où la balle avait pénétré. Il fixait sur Parker des yeux ternes et incrédules.
- Bon, dit Parker, maintenant on peut discuter.

mardi 30 mai 2006

Quelques bonnes nouvelles

De bonnes nouvelles aujourd'hui !
Côté Asie bien sûr, avec une centaine de pages glacées de Yoko Ogawa (une japonaise couronnée de nombreux prix littéraires) intitulées : l'annulaire. Une histoire d'amour et de fascination entre une jeune femme et un taxidermiste un peu spécial ... (publié chez Babel).
"Ici, le travail n'est pas aussi compliqué qu'il n'y parait. Il suffit d'un peu d'ordre et de circonspection pour s'en acquiter sans problème. Il est même presque trop simple."
"Cela fait déjà un certain temps que le laboratoire existe, et jusqu'à présent la plupart des jeunes filles sont parties en moins d'un an. Enfin, je me demande si le mot partir est exact."
Et du côté France, avec deux nouvelles de Maylis de Kerangal publiées chez Verticales : Ni fleurs ni couronnes, suivi de Sous la cendre. Une écriture très recherchée (avec même quelques tics, mais qui passent bien dans ces courtes histoires), une écriture sensuelle qui dit le langage des corps et des désirs dans une nature mortifère : l'océan pour ni fleurs ni couronnes et le volcan Stromboli de sous la cendre.
Ni fleurs ni couronnes a pour décor le naufrage du paquebot Lusitania coulé près de l'Irlande par les allemands en 1915.
"Une livre pour un noyé. C'est ce que ça rapporte. Une livre égale un cadavre. Un cadavre égale une livre. Pas de quoi se creuser la tête."
"Alors ils temporisent. Occupent la nuit comme ils occupent le morceau de terre où ils se sont assis, cherchent des gestes à faire pour leur corps, pour leurs mains et pour leurs pieds, grattent la terre avec le bout de leurs chaussures, y tracent machinalement des signes avec des brindilles, cueillent des feuilles de bambou qu'ils déchirent dans le sens des fibres."
Et pour finir, Béatrice Hammer (chez Mercure de France) nous livre, sous le titre de l'une d'elles : L'homme-horloge, quelques histoires d'amour des gens très très ordinaires (certaines romantiques, d'autres inégales, mais plusieurs valent le détour).
"Il y a des histoires d'amour qui ne commencent jamais, et qui mettent toute une vie à se terminer".

lundi 8 mai 2006

Chemins de poussière rouge (Ma Jian)

Aux éditions de l'Aube, un passionnant et autobiographique récit de voyage : Chemins de poussière rouge de Ma Jian, un chinois exilé à Londres avec donc une écriture tout à fait occidentale.
Dans les années 1980, Ma Jian est un intellectuel dissident à Pékin, et pour fuir les tracasseries politiques, il se lance dans un périple à travers la Chine de Den Xiaoping : un voyage très pittoresque, riche de culture et vraiment passionnant dans les profondeurs de l'immense Chine, du Pacifique aux déserts et jusqu'aux confins du Tibet.
Un roman qui vient en contrepoint des romans policiers de Qiu Xiaolong et en écho au film Shanghaï Dreams.
Quelques extraits apéritifs :
"L'homme qui dort dans le lit à côté du mien ronfle bruyamment. Il va finir par me rendre fou. Il est chauffeur routier. Il a toujours peur que quelqu'un lui vole son essence la nuit, il a donc roulé ses barils jusque dans le dortoir. Les vapeurs sont asphyxiantes. Je pars demain dès que je me lève."
"C'est agréable de passer une journée à écrire des lettres. On a l'impression de voyager à travers l'espace."
"Ma pauvreté me permet de me déplacer aussi librement qu'une feuille au vent, mais, parfois, j'aimerais qu'une pierre me tombe dessus et me cloue au sol."
"Je me souviens de la légende des collines au Sable chantant. Une armée de guerriers impériaux campait une nuit dans le désert et une soudaine tempête de sable les enterra vivants. On raconte que, si le vent souffle dans la bonne direction, on peut entendre les fantômes des soldats hurler à l'intérieur des dunes."

samedi 15 avril 2006

Mort d'une héroïne rouge (Qiu Xiaolong)

Voyage en Chine avec les polars de Qiu Xiaolong.
Un régal (et d'ailleurs on y parle beaucoup de cuisine !) avec moult détails savoureux sur la vie à Shanghaï sous Den Xiaoping : cuisine et gastronomie donc, crise du logement, difficultés de transports, corruption, politique et omni-présence du Parti, bouleversements de la Chine moderne, ... tout cela vient enrichir de manière pittoresque les enquêtes policières de l'inspecteur Chen Cao.
Pour commencer la série : Mort d'une héroïne rouge puis Visa pour Shanghaï, sortis en poche chez Point-Seuil (les plus récents sont chez Liana Levi).
Pour accompagner les yeux avec les oreilles : Nine million bicycles in Beijin de Katie Mellua (album Piece by piece).

D'autres détails chez un libraire et d'autres avis sur Agora.

samedi 8 avril 2006

Naufrages (Akira Yoshimura)

Voyage au Japon avec Akira Yoshimura.
Une écriture très aboutie et un style implacable pour des romans qu'on ne lâche pas ... et qui ne nous lâchent plus : La guerre des jours lointains ou Liberté conditionnelle chez Actes Sud et Naufrages chez Babel.
Les premières scènes du film Mémoires d'une geisha (où Chiyo est "vendue" et quitte sa campagne) rappellent d'ailleurs son roman Naufrages.