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mercredi 2 avril 2025

Dream Town (David Baldacci)


[...] C’est dans sa nature.

Portrait désabusé de Hollywood et de L.A. Ce troisième chapitre des aventures du détective privé Aloysius Archer est aussi captivant que les autres. Une étude sans concession de l'humanité et de ses faiblesses. 

L'auteur, le livre (496 pages, février 2025, 2022 en VO) :

Après Une bonne action, après Le parieur, voici Dream Town la troisième aventure du détective privé Aloysius Archer (mais appelez-le Archer !) .
David Baldacci (né en 1960) a eu la bonne idée de redonner vie à ces détectives privés au charme rétro et au parfum désuet, évoquant l'atmosphère de Chandler ou Hammett, avec une plume suffisamment moderne et fluide pour notre lecture d'aujourd'hui même si le ton reste celui de l'époque, une époque où un homme ne pouvait pas sortir sans chapeau, un Fedora de préférence.

♥ On aime :

 Sans surprise, on se sent comme chez soi : David Baldacci possède un réel talent pour (re-)mettre en scène ce qui ressemble presque à une BD avec le privé, les voyous, les belles autos et les jolies pin-ups, Avec juste ce qu'il faut d'élégance "à l'ancienne" et suffisamment de modernisme pour nous proposer une lecture fluide aujourd'hui. 
Un bon dosage qu'il arrive à maintenir avec une belle régularité au fil des épisodes.
[...] Il se trouvait au volant d’un cabriolet Delahaye rouge sang de 1939. Archer aimait toujours autant cette voiture. N’importe quel homme un tant soit peu en vie l’aimerait aussi. Tout comme n’importe quelle femme qui appréciait les hommes avec une belle bagnole.
 On y découvre des personnages soigneusement dessinés, un anti-héros désabusé mais toujours valeureux, une ou deux blondes fatales, quelques gros durs aux gros bras, des trafiquants véreux, des joueurs invétérés et des flics ripoux, chacun à sa place dans une intrigue solide où les jolies dames ne se contentent pas de jouer les potiches décoratives comme il était pourtant de bon ton à l'époque. 
On apprécie d'ailleurs que l'auteur distribue des rôles sympas aux "pin-ups" et ne se contente pas de leur laisser la place qui était la leur dans les années 50 (époque où Archer est rentré du front). 
Et dans cet épisode on découvrira pas mal de personnages féminins, même s'il vaut mieux ne pas croiser la route de certaines de ces dames.
 Et puis il y a la fameuse Ville des Anges que l'on va parcourir depuis Malibu jusqu'à Bel Air, depuis les studios de Hollywood jusqu'aux casinos de Vegas.
[...] À un niveau superficiel, bien sûr, l’analyse est rapide. L’argent, le pouvoir, la célébrité. À cet égard, elle ressemble à n’importe quelle autre grande ville. Mais ici, un autre élément entre en jeu : Hollywood. C’est ce qui la rend totalement unique. Ajoutez à cela un monde criminel fermement résolu à exploiter l’industrie du cinéma jusqu’à la moelle et par tous les moyens imaginables.
[...] Pour un détective privé, L.A. offrait du boulot à foison. Ici, on ne semblait pas pouvoir s’empêcher de tuer, voler, tromper et faire chanter son voisin à une fréquence vertigineuse. Ce qui arrivait quand trop d’argent se retrouvait au même endroit : certains étaient toujours tentés d’en soulager leurs propriétaires légitimes ou illégitimes.
[...] Pour un détective privé, L.A. se révélait être une étude fascinante des êtres humains et de leurs innombrables faiblesses.
Car c'est bien cela qui intéresse David Baldacci (et son lecteur) : un portrait sans fard et sans concession de l'humanité et de ses faiblesses et travers. Los Angeles offre un terrain de jeu idéal pour cette exploration et une source d'inspiration inépuisable. Le portrait de la ville et de ses habitants est donc plutôt amer.

Les personnages :

Il y a donc là ce fameux privé, Aloysius Archer, le genre du "gars parmi d’autres qui se barre en courant avec un pétard allumé, et qui attend de voir où ça le mènera avant qu’il n’explose".
Ah, il y aussi la belle Liberty, l'amourette non déclarée de Archer : ça permet de maintenir en suspens la romance au fil des épisodes !
[...]  — Comment va Liberty ?
— Que dire, sinon qu’elle est encore plus belle qu’avant.
— Oh, Archer, tu en pinces méchamment pour elle, mon garçon. »
Et puis cette fois, il y aura pas mal de membres du tout Hollywood : des riches et des qui veulent le devenir, des célèbres et des qui veulent le devenir. Dream Town, la ville des rêves ... 
Mais aussi des mafieux, des trafiquants et des chinois, ...
Et même l'ombre du redoutable sénateur McCarthy, on est en 1952.

Le canevas :

Archer se retrouve donc à L.A. et se laisse embarquer, en bon 'privé' qu'il est, dans une enquête qu'il n'aurait pas dû accepter : une riche cliente l'engage parce qu'elle se sent menacée. 
Jusque là tout va bien, du moins jusqu'au soir où il ne la trouve plus dans sa maison mais y découvre le cadavre d'un ... autre privé. 
L'intrigue va s'avérer bien tordue et bien compliquée : la faute à quelques célébrités de L.A., à quelques combines pas très reluisantes et à quelques trafics sordides. 
Hollywood n'est qu'un décor et ce qui se cache derrière n'est pas joli joli. 
Il est même très risqué d'aller y fourrer son nez.
[...] — Tu t’inquiètes pour moi ?
— Tu as déjà été blessé, Archer, rétorqua -t-elle. Et tu as manqué te faire tuer deux ou trois fois rien que ces derniers jours. J’ai arrêté de compter. »

La curiosité du jour :

Au fait, connaissiez-vous la fable de la grenouille et du scorpion ?
[...] Un scorpion a besoin de traverser une rivière mais il ne sait pas nager. Il demande alors l’aide d’une grenouille. Au début, la grenouille est réticente. Elle craint que le scorpion ne la pique. Le scorpion assure alors à la grenouille qu’il ne la piquera pas, auquel cas ils périraient tous les deux. La grenouille laisse alors le scorpion lui monter sur le dos. À mi-chemin, comme attendu, le scorpion pique la grenouille qui n’en revient pas. Quand la grenouille dit au scorpion qu’ils vont mourir tous les deux, la créature venimeuse lui confie tout simplement qu’elle n’a pas pu s’en empêcher. C’est dans sa nature.

Pour celles et ceux qui aiment les détectives privés.
D’autres avis sur Babelio.
Livre lu grâce aux éditions Talent et NetGalley (SP).
Ma chronique dans les revues Benzine et ActuaLitté.

mardi 27 février 2024

Le parieur (David Baldacci)


[...] Toi, t’as du style, Archer.

●   L'auteur, le livre (528 pages, février 2024, 2021 en VO) :

On avait découvert l'américain David Baldacci il y a quelques mois et après Une bonne action, et l'on s'était promis de poursuivre les enquêtes du détective privé Aloysius Archer (mais appelez-le Archer !) - des remakes modernes des polars à l'ancienne façon Chandler ou Hammett.
[...] —  Et toi, t’as du style, Archer. Ne laisse personne te dire que tu n’en as pas.
Nous voici donc avec le second épisode : Le parieur.

●   On aime :

❤️ On aime beaucoup la gouaille au parfum désuet de ces polars à l'ancienne façon Chandler ou Hammett, des personnages et des situations dont on connait tous les codes, une lecture reposante où, sans surprise, on se sent comme chez soi : David Baldacci possède un réel talent pour (re-)mettre en scène ce qui ressemble presque à une BD avec le privé, les voyous, les belles autos et les jolies pin-ups, avec juste ce qu'il faut de style "à l'ancienne" et suffisamment de modernisme pour nous proposer une lecture fluide aujourd'hui. Un bon dosage.
❤️ On apprécie d'ailleurs que l'auteur distribue des rôles sympas aux "pin-ups" et ne se contente pas de leur laisser la place qui était la leur dans les années 30 ou 40 (Archer est rentré du front dans les années 50).

●   L'intrigue :

Après sa sortie de taule et son aventure précédente, notre héros Aloysius Archer poursuit sa route vers l'ouest et sa future carrière de détective privé.
[...] Archer n’avait pas encore trente ans. Après avoir servi au front pendant la Seconde Guerre mondiale, il avait passé du temps en prison pour un crime dont il était en grande partie innocent, bien qu’une telle nuance eût échappé aux autorités qui l’avaient collé derrière les barreaux.
[...] Archer espérait trouver une opportunité dans une ville au bord de l’eau, en Californie, où il n’avait qu’une hâte  : commencer une nouvelle phase de sa vie sous la tutelle d’un détective privé.
[...] Et s’il se plantait  ? Et si la Californie et son rêve de devenir détective privé ne donnaient rien  ? Que deviendrait-il  ?
Pendant son escale à Reno, il récupère une jolie pin-up qui rêve d'Hollywood et une auto encore plus belle (ou l'inverse, chacun ses goûts).
[...] Un cabriolet deux places Delahaye Type 165 de 1939 signé Figoni et Falaschi. 
—  On… On dirait qu’elle flotte  », s’extasia la jeune femme.
L'arrivée d'Archer et de son amie dans la petite ville de Bay Town est un régal.
[...] — Sawyer Avenue coupe la ville pile en deux. Du côté de la montagne, ce sont les quartiers populaires, les familles d’ouvriers. Enfin, pour la plupart. Et près de l’océan, ce sont les quartiers riches, sauf le quartier de Sawyer’s Wharf, du côté des quais, évidemment. Et Idaho Avenue se trouve juste là, ajouta-t-elle en écrasant une nouvelle fois la carte du doigt.
— Alors comme ça, les riches veulent une vue sur la mer, hein ?
— Les riches peuvent se payer ce qu’ils veulent, de ce que j’en dis ! répliqua-t-elle hardiment.
— Et un peu plus haut dans la montagne, alors ? On n’est pas au bord de l’océan, là-bas.
— Alors c’est là où vivent les très riches.
[...] Il se dirigea vers l’océan et traversa Sawyer Avenue. Il comprit tout de suite ce que la fille à la fontaine à soda avait voulu lui faire comprendre. Même les chiens avaient l’air en meilleure santé de ce côté-ci de la ville, tout comme les fleurs, les arbres, les buissons. Aucun papier, aucun détritus à signaler sur les trottoirs. Les gens étaient mieux habillés. Le coût des voitures qui circulaient dans cette partie de la ville augmenta sensiblement.
Les Armstrong vivent sur la montagne : dans la très riche famille Armstrong, je voudrais le père, l'homme le plus riche de la région.
Je voudrais la fille Beth, l'héritière. Et je voudrais aussi Kemper, le gendre qui va se présenter aux élections municipales.
[...] Pendant des années, la famille Armstrong a dominé le commerce du bétail dans la région. C’était un secteur qui rapportait énormément, mais ils ont eu assez de flair pour s’en retirer avant que ça ne se casse la figure. Ils ont ensuite investi dans le foncier à Bay Town. Ils ont largement aidé à développer la ville. Ils en possèdent encore une grande partie. Sawyer Armstrong, le père de Beth, est l’homme le plus riche de la ville.
Pour sa première enquête comme détective privé, notre ami Archer se retrouve embarqué dans une drôle d'affaire qui ne sent pas très bon : le susnommé gendre, le mari de Beth, est victime d'un chantage à l'adultère.
[...] —  Si sa femme croit qu’il a une liaison, comment faire cesser ce chantage  ? On n’a plus vraiment de levier. Et comme l’a dit son épouse, Kemper a de grandes chances d’être élu, que l’adultère soit avéré ou non. 
—  Les élections ne sont pas le sujet, Archer. Quelqu’un est en train de commettre un crime, et il doit être puni pour ça.
Après l'aimable découverte de Bay Town et des différents personnages, l'intrigue va s'emballer de surprises en rebondissements car la petite ville en plein essor cache de drôle de choses dans les coulisses de sa campagne électorale.
[...] —  On nous a bernés, Archer. Tout le monde s’est fait mener par le bout du nez dans cette histoire. 
—  Il faut m’expliquer, là.
[...] Et pour certains habitants de cette ville, je ne vois que des moments compliqués à l’horizon.
La lecture de l'épisode précédent n'est pas strictement indispensable mais il serait bien dommage de s'en priver !

Pour celles et ceux qui aiment les jolies pin-ups et les belles autos (ou l'inverse).
D’autres avis sur Babelio.
Livre lu grâce à NetGalley et aux éditions Talent.
Mon billet dans 20 Minutes.

vendredi 14 juillet 2023

Une minute avant minuit (David Baldacci)

[...] Nous allons remonter le temps, Carol.

    L'auteur, le livre (553 pages, 2023, 2019 en VO) :

David Baldacci est un auteur américain à succès depuis son premier roman : Les pleins pouvoirs, bien connu des fans de Clint.
Un auteur prolifique, créateur de plusieurs "séries" et qui revient aujourd'hui sur le devant de la scène avec deux séries aux héros récurrents : le détective Aloysius Archer et l'agent(e) Atlee Pine du FBI.
Une minute avant minuit est le second épisode de la série (après Sur le chemin du pardon, pas lu) qui met en scène Atlee Pine une jeune femme agent du FBI qui ne se remet pas du traumatisme de son enfance : sa sœur jumelle, Mercy, avait été enlevée par un serial-killer qui pourrait bien être l'affreux Daniel James Tor actuellement emprisonné dans un quartier de haute sécurité pour tout plein d'autres crimes odieux. 

    On aime bien :

❤️ Les nombreuses références au bouquin de John Berendt (Minuit dans le jardin du bien et du mal, celui adapté au cinéma par Clint Eastwood) : la Géorgie et Savannah, le cimetière, le milieu gay et ses travestis, ...
❤️ L'immersion dans cette étrange Géorgie sudiste dont le coeur bat toujours au rythme des commémorations et des reconstitutions des batailles de la Guerre de Sécession.
❤️ Le duo formé par l'agence Atlee Pine et son adjointe administrative Carol Blum, une équipe féminine et originale, dotée d'un humour finaud et qui donne tout son rythme au recit.

      L'intrigue :

Tout commence comme dans le Silence des agneaux, lorsque Jodie Foster va interviewer Hannibal Lecter : on n'a jamais retrouvé la jumelle d'Atlee, et l'affreux jojo D. J. Tor, un tueur en série emprisonné pour de nombreux crimes, n'a jamais voulu reconnaître l'enlèvement et l'assassinat de la petite Mercy.
Mais était-ce bien lui ?
Décidée à tirer cette ancienne affaire au clair pour enfin faire son deuil de sa sœur jumelle, l'agent Atlee Pine retourne sur les lieux de son enfance : mais elle va y découvrir une toute autre vérité que celle de ses souvenirs ...
[...] — Eh bien , si nous nous lançons dans cette expédition, il va nous falloir faire nos valises. 
— Cette expédition ? 
— Nous allons remonter le temps, Carol.
[...] — Pensez-vous vraiment pouvoir résoudre cette affaire après toutes ces années ?
[...] — Puis-je consulter le dossier ? 
— Oui. Mais je ne sais pas ce que vous espérez trouver après presque trente ans.
— Moi non plus. Je veux juste m’assurer que toutes les pistes ont été explorées à fond.
[...] — Est-ce que vous vous rendez compte du traumatisme que vous avez subi, dans cette ville, à l’âge de six ans ? Mon Dieu, c’est un miracle que cela ne vous ait pas laissé de séquelles, agent Pine.
[...] Vous avez failli être assassinée enfant. Votre père s’est suicidé le jour de votre anniversaire. Vous n’avez pas vu votre mère depuis je ne sais combien de temps. Vous avez perdu votre jumelle.
Une fois sur place sur les lieux de son enfance, l'agence Atlee Pine va découvrir d'autres cadavres en travers de son chemin et sa quête de la vérité sur ses origines va se doubler d'une captivante enquête à la poursuite d'un serial killer décidé à convoquer quelques fantômes, comme ceux de la Guerre de Sécession.
[...] — Pensez-vous que l’assassin frappera à nouveau ? 
— Oui. J’ai peur que ce ne soit que le début.
[...] Nous avions affaire à un tueur en série nourrissant une obsession pour la guerre de Sécession.
Dans cette double intrigue, l'agent Pine réussira-t-elle à retrouver son passé et à stopper le tueur ?
[...] Ils sortirent lentement du cimetière pour retrouver les vivants.
Pour faire la fine bouche, disons que l'on peut juste regretter des personnages parfois un peu trop "cliché" qui ne pourront que gagner en épaisseur et réalisme au fil des prochains épisodes.

Pour celles et ceux qui aiment les fliquettes du FBI.
D’autres avis sur Babelio. Livre lu grâce à Netgalley.

mercredi 24 janvier 2024

Il s'appelait Doll (Jonathan Ames)


[...] Le seul ancien flic à suivre une analyse.

●  L'auteur, le livre (304 pages, 2024, 2021 en VO) :

Romancier et scénariste, l'américain Jonathan Ames connu pour des récits semi-autobiographiques assez humoristiques, nous propose ici ce roman noir, façon hard boiled, "à la manière de" ses compatriotes comme Chandler & co, un peu comme Baldacci nous avait proposé récemment Une bonne action.

●  On aime :

❤️ Le charme gentiment rétro de ce roman noir avec lequel, sans se prendre trop au sérieux, J. Ames nous emmène pour une sympathique balade sans angoisse ni prise de tête, même si les cadavres vont s'accumuler autour de son "privé" et même si le sujet (qu'on ne dévoilera pas) est somme toute, pas cool du tout.
❤️ On aime le soin apporté au dessin du personnage, le privé Happy Doll, un flic rangé du LAPD qui arrondit désormais ses fins de mois comme vigile pour un institut de "massage thaï" et plus si affinités. 
Un ancien flic qui voit une psy plusieurs fois par semaine.
[...] Mon premier souffle a coïncidé avec le dernier de ma mère. Il est difficile de se pardonner une chose pareille et ça ne facilite pas non plus les choses pour votre père qui a du mal à vous absoudre, voire à vous aimer. C'est tout cela qui m'a amené à ma relation un peu bizarre avec George et au divan de ma psy quatre fois par semaine. Pour autant que je le sache, je dois bien être le seul ancien flic à suivre une analyse, mais je peux me tromper.
Un homme plus amoureux de son chien George que des serveuses de bar qui lui tournent autour.
[...] À la différence de la plupart des propriétaires de chiens, je ne le prends pas pour mon enfant, en l'occurrence mon fils. Nous avons en fait une relation plus trouble que cela. Pour moi, c'est un ami très cher avec lequel il se trouve que je vis. Ainsi, nous sommes comme deux célibataires reclus qui cohabitent à l'ancienne sans penser que le reste du monde sait très bien qu'ils sont amants. Il a bien sa propre couche vers laquelle je l'expédie parfois, mais c'est très rare, et nous dormons ensemble presque toutes les nuits le reste du temps. Au début, il pose sa tête à côté de la mienne sur l'oreiller et me fait des yeux doux pendant que je lis - je lis toujours avant de m'endormir- puis, quand j'en ai assez et que je suis fatigué, je range mon livre et j'enfouis mon visage dans son cou afin de respirer son odeur terreuse de chien, chose que j'adore.
Un privé au cœur trop généreux et trop impulsif pour éviter les ennuis.
[...] Tu as raison, ai-je dit. Ce n'était pas très malin de ma part, ce qui était aussi proche que possible de la vérité.

●   L'intrigue :

Happy Doll ne voit pas les ennuis arriver quand son meilleur ami Sheldon vient le solliciter pour une greffe de rein. 
Sheldon repasse le lendemain mais avec une balle en plein dans le buffet et meurt dans ses bras. La greffe ne sera finalement pas très utile.
Dès lors les coups vont pleuvoir sur Happy et les cadavres s'accumuler autour de notre héros au cœur trop généreux et au caractère trop impulsif.
[...] Au milieu de son front, il y avait un petit trou noir. J'ai poussé le corps du bout du pied. C'était mon deuxième mort de la journée et le troisième en deux jours. Je commençais à être blasé.
[...] Après ma sortie de l'hôpital, Lou était mort, j'avais trouvé sur mon chemin un homme blond qui avait une balle dans la tête, j'en avais balancé un autre depuis un balcon, j'avais menti à la police, je m'étais fait tabasser par un flic et on m'avait emmené dans un autre hôpital.
Fort heureusement, on vous rassure tout de suite, tout est bien qui finit plutôt bien.
Il ne reste plus qu'à attendre la suite de ce qui pourrait faire une excellente série.

Pour celles et ceux qui aiment les privés.
D’autres avis sur Babelio et sur Bibliosurf.
Livre lu grâce à Babelio et aux éditions Joëlle Losfeld.
Mon billet dans 20 Minutes.

mardi 18 juillet 2023

Une bonne action (David Baldacci)

[...] Ça me paraît bien mal engagé.

    L'auteur, le livre (521 pages, 2023, 2019 en VO) :

Ce n'est qu'aujourd'hui que l'on découvre David Baldacci, un auteur américain à succès puisque son premier roman s'intitulait en 1995 : Les pleins pouvoirs, bien connu des fans de Clint.
Un auteur prolifique, créateur de plusieurs "séries" et qui revient aujourd'hui sur le devant de la scène avec deux séries aux héros récurrents : le détective Aloysius Archer et l'agent(e) Atlee Pine du FBI.
On vient de découvrir Atlee Pine dans Une minute avant minuit, un polar "sudiste" bien mené et bien écrit, même si la mise en scène des personnages nous y avait semblé un peu "facile".
Après cette mise en bouche, on a eu envie de découvrir l'autre série, celle avec le détective Aloysius Archer et ce premier épisode : Une bonne action.
Bonne pioche : le bouquin est encore meilleur, la série s'annonce très prometteuse et nous plonge au tout début des années 50, lorsque les US peinent encore à se remettre de la guerre. 

    On aime beaucoup :

❤️ Sniffer le parfum désuet des romans noirs à l'ancienne, façon Chandler ou Hammett, mais avec une prose suffisamment moderne et fluide pour notre lecture d'aujourd'hui même si le ton reste celui de l'époque, une époque où [un homme ne pouvait pas sortir dehors sans chapeau]. Bref, un excellent "remake".
❤️ Découvrir des personnages tous soigneusement dessinés, un anti-héros désabusé, une ou deux blondes fatales, quelques gros durs aux gros bras, des avocats véreux, chacun à sa place dans une intrigue solide où les jolies dames ne se contentent pas de jouer les potiches décoratives comme il était pourtant de bon ton à l'époque.
❤️ Assister aux débuts d'un personnage très attachant qu'on a déjà hâte de retrouver dans de nouvelles aventures.

      L'intrigue :

Aloysius Archer sort tout juste de prison après avoir purgé sa peine pour un crime qu'il n'a sans doute pas commis. 
Libre comme l'air et pauvre comme Job, Archer erre désabusé dans les rues de Poca City, le gosier aussi sec que les rues de la ville.
[...] À Poca City, tout est possible, à l’exception d’une pluie constante et de politiciens qui tiennent leurs promesses.
[...] Il était devenu un homme qui vivait chaque moment comme si c’était réellement son dernier. La guerre avait cet effet-là. Et la prison en avait rajouté une couche et incrusté cette notion au plus profond de son être. Archer se dit qu’il ne s’en affranchirait jamais.
[...] Lui et des millions d’autres revenaient juste de combattre dans une guerre mondiale pour s’assurer que ni l’anarchie, ni le fascisme, ni rien d’autre ne remplace l’honnête entubage des gens sans argent par ceux qui possédaient la quasi-totalité du magot.
À peine quelques heures de liberté et le voici dans un bar où il fait la connaissance d'une jolie poulette au bras d'un gros bonnet du coin. La poulette lui fait de l'œil et le gros bonnet lui propose un job : aller récupérer une dette impayée ...
Le lecteur avisé aura déjà compris que, en quelques pages, tous les ingrédients sont déjà réunis pour que notre nouvel ami Archer se retrouve dans de sales draps et que nous soit contée une sacrée histoire, d'autant qu'Archer va bientôt croiser la route d'une seconde femme fatale ...
[...] Si quelqu’un lui avait dit qu’une ville comme Poca City abritait non pas une mais deux femmes aussi séduisantes, il aurait dit de lui que c’était un menteur ou qu’il louchait au point d’être aveugle.
[...] Il était sûr d’une chose : sa vie n’allait pas tarder à devenir encore plus compliquée.
[...] Archer sortit de la maison impeccablement rangée, mit son chapeau et se demanda, après tout ce qu’il venait d’entendre, dans quelle histoire il venait de s’embarquer.
[...] — Ça me paraît bien mal engagé, à l’heure actuelle. 
— Bon sang, mon petit gars, c’est toujours le cas.
Ni Archer, ni le lecteur ne sont au bout de leurs surprises : le final sera tout à fait à la hauteur de cet excellent roman noir, avec même quelques scènes de prétoires et un joli dénouement.
[...] — Tu joues au détective privé, c’est ça ? l’interrogea-t-elle, perplexe. 
— Quand tu risques de finir la corde au cou, ça n’a rien d’un jeu.
[...] — T’as mis le doigt dans le mille, Archer. J’aime ça. Tu pourrais devenir enquêteur, toi aussi, avec un peu d’entraînement.
On vient d'assister là aux premiers pas d'Aloysius Archer comme détective privé et on referme le bouquin, à deux doigts du coup de cœur et avec la hâte de découvrir la suite (... pas encore traduite en VF).

Pour celles et ceux qui aiment les privés à chapeau.
D’autres avis sur Bibliosurf.