[...] La guerre forgeait les hommes.
Rentrée des classes avec une leçon d'Histoire sur la guerre d'indépendance des États-Unis et la toute première expédition du très jeune La Fayette outre-Atlantique.
❤️❤️🤍🤍🤍Les auteurs, l'album (96 pages, août 2026) :
C'est la rentrée littéraire bien sûr, mais c'est aussi la rentrée des classes : la scénariste Esther Gil et le dessinateur Gilles Paturaud (complices depuis leur Mata Hari et leur Victor Hugo) nous proposent de réviser une autre leçon d'Histoire à l'occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis : l'Histoire des Amériques avec le premier voyage de La Fayette en compagnie du chevalier Charles-François du Buysson.
L'époque et le décor :
Un peu avant 1780, la France de Louis XV a été défaite par les Anglais au cours de la Guerre de sept ans, mais quelques uns intriguent toujours en secret et continuent la lutte sous Louis XVI. De l'autre côté de l'Atlantique, les colons se rebellent contre les taxes imposées par la tutelle anglaise et prennent les armes au nom de valeurs qui préfigurent celles de la prochaine Révolution française. Il n'en faut pas plus pour motiver quelques jeunes nobles désœuvrés avides d'aventures ou de gloire.
Le pitch et les personnages :
Peu avant de rejoindre les Amériques à bord de la célèbre Hermione avec son escadre, le très jeune La Fayette avait déjà embarqué pour une première expédition en 1777 sur un autre navire, La Victoire.
Parmi les aventuriers qui l'accompagnèrent et prirent la mer au secours des insurgés américains (les Insurgents), un autre jeune homme : Charles-François du Buysson.
L'album met en images cette aventure, le départ des jeunes officiers français (réunis en secret lors du Souper de Metz), leur arrivée aux Amériques, leur engagement auprès de Georges Washington, jusqu'à la bataille de Camden.
[...] On m'avait dit que la guerre forgeait les hommes. Il n'en est rien. Elle ne fait que les dévorer.
Les images :
Le dessin de Paturaud est de la même veine que celui de François Bourgeon (Les passagers du vent) et il fait partie de ces artistes qui privilégient la minutie de la reconstitution historique, un voyage en costumes et en navires, dans le temps et dans l'espace. Le récit étouffe un peu le dessin qui n'arrive à se déployer véritablement que dans quelques planches.
Ce n'est clairement pas mon école préférée, mais Paturaud s'est mis honnêtement au service de l'histoire (de l'Histoire !) en faisant revivre les détails des bateaux, des paysages, des costumes, ...
♥ J'aime un peu parce que :
⋯ parce que finalement, en dehors de quelques figures emblématiques comme celle de La Fayette, on connait assez mal les détails de cette époque et parce que l'album prend tout son temps pour nous expliquer avec précision les tenants et les aboutissants de cette expédition : le texte prend beaucoup de place, les aventures un peu moins,
⋯ parce que c'est presque un manuel d'Histoire et donc une agréable occasion de réviser nos maigres connaissances sur cette époque, comme le contexte du côté français au départ de l'aventure avec le fameux Souper de Metz et l'importance de politiques comme le comte de Broglie ou le comte de Vergennes tandis que Louis XVI affiche une pseudo-neutralité,
⋯ parce que c'est presque un manuel d'Histoire et donc une agréable occasion de réviser nos maigres connaissances sur cette époque, comme le contexte du côté français au départ de l'aventure avec le fameux Souper de Metz et l'importance de politiques comme le comte de Broglie ou le comte de Vergennes tandis que Louis XVI affiche une pseudo-neutralité,
⋯ parce que le récit cède un peu à la facilité en idéalisant la conquête américaine d'indépendance et de liberté (les valeurs qui ensemenceront la Révolution française) et en mettant en scène quelques figures féminines outre-Atlantique
⋯ parce que l'album se termine sur un cahier historique très documenté qui évoque entre autres, la curieuse Société des Cincinnati, toujours active aujourd'hui.
Pour celles et ceux qui aiment l'Histoire.
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Album lu grâce aux éditions Daniel Maghen (SP).

